L’UE tente de jouer les arbitres entre Poutine et Trump

Vladimir Poutine [ Free Wind 2014/Shutterstock]

Lors du sommet du G20, le vendredi 7 juillet, Vladimir Poutine et Donald Trump se rencontreront pour la première fois. L’UE peine à s’imposer entre la Russie et une administration américaine imprévisible.

La première rencontre entre les deux dirigeants risque de se faire sous haute tension lors du sommet du G20, qui se déroule les 7 et 8 juillet en Allemagne.

De son côté, Donald Trump affirme vouloir trouver une « approche commune » face au comportement déstabilisateur de la Russie.

Pourtant, durant sa campagne présidentielle, il qualifiait Vladimir Poutine de « modèle présidentiel » et d’« homme brillant et plein de talent ». Par ailleurs, l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections américaines n’est toujours pas résolue.

Dans son rôle d’arbitre entre un Donald Trump imprévisible et protectionniste et un Vladimir Poutine plus impérialiste que jamais, l’UE peine à imposer ses vues.

Mogherini appelle au réalisme sur les relations entre l'UE et Moscou

En visite officielle en Russie, la chef de la diplomatie européenne a souligné que l’UE voulait améliorer ses relations avec la Russie, mais comptait maintenir les sanctions  mises en place après l’annexion de la Crimée.

« Il faut que nous ayons plus confiance en nous.  Nous devons projeter l’UE en tant qu’acteur géopolitique car c’est ce que nous sommes, mais parfois nous nous sous-estimons. Nous sommes trop timides », assure un diplomate européen.

« Plus nous serons forts et transparents chez nous [dans l’UE], plus nous serons influents face à la Russie. Vladimir Poutine cherche à vendre l’idée que la morale européenne est en train de plonger. Il ne perdra jamais une occasion de ridiculiser l’UE en disant ‘regardez à quoi ressemble la démocratie’ en prenant le Brexit pour exemple », ajoute cette source européenne.

Il sera donc difficile de trouver une ligne commune avec les États-Unis alors même que les 28 États membres ne parviennent pas à décider quel comportement adopter face à la Russie. Une faiblesse sur laquelle la Russie mise pour discréditer l’Union européenne.

Pourtant, même si Moscou soutient que les sanctions lui permettent de se diversifier, elles provoquent bel et bien des dommages économiques puisque l’UE reste le premier partenaire commercial de la Russie et que 75 % des investissements directs étrangers proviennent de l’UE.

Impérialisme envahissant

Face a l’économie stagnante du pays, Moscou a opté pour le combat, en Ukraine et en Syrie, notamment pour rappeler son importance en tant qu’acteur géopolitique.

Vladimir Poutine cherche à développer une sphère d’influence qu’il souhaiterait contrôler. En 2014, après l’annexion de la Crimée, le Kremlin utilise pour la première fois l’expression « Novorossia », la nouvelle Russie. Le concept ? Créer une communauté de minorités russophones à travers le monde, dont la Russie se proclamera le protecteur. En réalité, cela commence en 1992, avec la proclamation de l’indépendance de la Transnistrie, une étroite bande de terre coincée entre la Moldavie et l’Ukraine, contrôlée par Moscou. Puis, deux autres Etats illégitimes naissent suite au conflit entre la Géorgie et la Russie en 2008 : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.

La Crimée reste occupée depuis 3 ans malgré les pressions

Le 16 mars, les États-Unis ont de nouveau condamné la Russie pour l’annexion de la Crimée, s’engageant à maintenir leurs sanctions tant que Moscou ne rendra pas la péninsule de la mer Noire à l’Ukraine. Si l’UE a quant à elle prolongé son embargo contre le pays, le Parlement européen a également voté une résolution soutenant l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Reste à savoir jusqu’où ira Vladimir Poutine, sachant qu’en Asie centrale, le Kazakhstan compte 23 % de Russes et que dans les pays baltes, l’Estonie et la Lettonie compte tous deux 27 % de Russes d’ethnie.