L’UE décide de sanctionner le président biélorusse Loukachenko

Un manifestant marche lors d'un rassemblement pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle à Minsk, au Belarus, le 27 septembre 2020. [EPA-EFE/STR]

Ce lundi 12 octobre, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont convenu de sanctionner le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, et de sévir contre les coupables de l’empoisonnement du leader de l’opposition russe, Alexeï Navalny.

Les ministres ont adopté un nouveau paquet de mesures afin de répondre à la répression continue des manifestants en Biélorussie. Alexandre Loukachenko sera visé par une interdiction de voyager et ses avoirs seront gelés.

En outre, l’UE réduira le soutien financier qu’elle accorde à son gouvernement et augmentera son soutien au peuple et à la société civile biélorusses, ont déclaré les ministres des Affaires étrangères de l’UE dans un communiqué.

« La situation ne s’améliore guère : la violence du régime de Loukachenko et l’arrestation de manifestants pacifiques se poursuivent », avait déclaré Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères, à son arrivée à la réunion du Conseil des ministres de l’UE qui a eu lieu à Luxembourg.

Le ministre avait ajouté avoir suggéré de lancer « un nouveau paquet de sanctions et que M. Loukachenko fasse partie des personnes sanctionnées ».

Début octobre, l’UE a déjà approuvé une liste noire de 40 personnes en Biélorussie, leurs avoirs au sein de l’UE ont été gelés et ils se sont vu interdire l’entrée sur le territoire de l’Union.

L'UE sanctionne le régime du Bélarus et menace Ankara

Les dirigeants de l’UE ont donné vendredi leur feu vert pour sanctionner le régime au pouvoir au Bélarus, mais pas Alexandre Loukachenko, après s’être accordé sur un message de fermeté assorti de menaces de sanctions à la Turquie à l’issue d’âpres négociations.

Avant la réunion, Bogdan Aurescu, le ministre des Affaires étrangères roumain, évoquait le fait que le régime de Loukachenko n’avait pas manifesté « la moindre intention » de changer la situation, ce qui était fort peu apprécié par son pays, qui plaidait donc en faveur de « l’extension de la liste des personnes sanctionnées », sur laquelle le président devait aussi figurer.

Il a également souligné que la Roumanie avait, « par solidarité », rappelé son ambassadeur à Minsk, après que les autorités biélorusses eurent convoqué les ambassadeurs de Pologne et de Lituanie en raison, selon elles, de leur « rôle particulièrement destructeur » auprès du pays, un geste que l’UE avait regretté.

Les sanctions appliquées par l’UE dans le cadre de sa politique étrangère sont prises à l’unanimité.

En Lituanie, Macron s'implique dans la crise au Bélarus

Le président français Emmanuel Macron, arrivé lundi après-midi à Vilnius, a réaffirmé sa détermination à œuvrer avec les autres pays européens pour un changement de régime au Bélarus voisin. Il a annoncé qu’il rencontrerait mardi la cheffe de file de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont également discuté d’une proposition de sanction franco-allemande concernant l’empoisonnement du leader de l’opposition russe Alexeï Navalny.

« Nous avons pris des sanctions contre les personnes que nous pensons être en partie responsables de cette violation du droit international. Il est important que l’UE fasse preuve d’unité face à un crime aussi grave – c’est ce que nous avons fait aujourd’hui », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, aux journalistes après la réunion.

Des diplomates européens ont déclaré que les ministres des Affaires étrangères étaient largement favorables au gel des avoirs et à l’interdiction de voyager de plusieurs responsables des services de renseignement militaire russes GRU.

L’accord politique doit être juridiquement mis en œuvre « dès que possible », mais avant le sommet européen de décembre.

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