Macron mise sur la sécurité pour consolider l’Europe

Macron à l'Elysée, le 27 août 2018. Photo Elysée

Renforcement de la défense européenne et protection du multilatéralisme : pour sa rentrée diplomatique,  Emmanuel Macron propose une nouvelle feuille de route.

La rentrée diplomatique d’Emmanuel Macron s’est concrétisée lundi avec la réunion annuelle des ambassadeurs de France, auxquels le président a proposé une nouvelle feuille de route.

L'Europe au coeur du programme diplomatique de Macron

Le président Emmanuel Macron donne lundi sa feuille de route aux ambassadeurs français en plaçant l’Europe au coeur de son action diplomatique, à neuf mois d’élections européennes où il espère contrer une vague mondiale de repli nationaliste.

 

Face à la crise de l’Europe, remise en cause par les extrêmes, et celle du multilatéralisme, fragilisé par les puissances autoritaires et surtout les États-Unis, le président a tenté d’esquisser une réponse globale sous forme de programme.

C’est sur un ton grave que le chef d’État a comparé l’époque à un « moment de vérité », alors que les élections européennes en mai prochain risquent d’entériner la situation délicate dans laquelle l’Europe se trouve. Entre le Brexit à l’Ouest, la Hongrie et la Pologne à l’Est et désormais l’Italie, dirigée par un gouvernement populiste, le bloc fait l’objet de critiques tous azimuts.

« La France a proposé des réformes, mais dans le même temps les extrêmes ont progressé, les nationalismes se sont réveillés. Est-ce une raison d’abandonner ? Non, il faut redoubler d’efforts », a prévenu le président qui regrette de cueillir les fruits « d’une Europe affaiblie durant des décennies ». En réponse à la crise de confiance, Emmanuel Macron suggère plusieurs directions, en commençant par le sujet sécurité.

Aller plus loin sur la solidarité européenne en matière de défense

Capitalisant sur les efforts faits sur l’Europe de la défense ces derniers mois, la France veut renforcer la solidarité européenne en la matière. Selon l’analyse française, l’Europe n’est pas perçue aujourd’hui comme une puissance militaire. Or l’Europe ne peut plus compter sur les États-Unis pour sa sécurité, rappelle le président, et d’autre part, les capacités réunies des 27 pays permettraient au continent de changer de braquet.

« L’Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls États-Unis. C’est à nous aujourd’hui de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité et donc la souveraineté européenne », a martelé le chef d’État.

Paris suggère donc une nouvelle initiative qui s’appuie sur l’article 42.7 du traité de Lisbonne, qui dispose que « au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies ».

Réparer le multilatéralisme ?

L’ambition de « revisiter l’architecture de l’UE et de ses alliances » s’inscrit aussi dans un projet de défense du multilatéralisme, aujourd’hui mis à mal par les hésitations des États-Unis notamment.

Le multilatéralisme reste un atout crucial dans la vision européenne des relations internationales, même s’il se voit remis en question de toutes parts, qu’il s’agisse des relations commerciales qui n’avancent plus que dans le cadre de bilatéralisme, ou même des négociations sur le climat dont l’efficacité est remise en question par l’absence d’acteurs majeurs comme les États-Unis.

La France appelle donc à « une réflexion exhaustive sur ces sujets avec l’ensemble de nos partenaires européens au sens large et donc avec la Russie ». « Des progrès substantiels sur la résolution de la crise ukrainienne comme le respect du cadre de l’OSCE (…) seront bien entendu des conditions préalables à des avancées réelles avec Moscou mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler dès maintenant entre Européens ».

Sur les questions commerciales, Paris entend réunir dirigeants américains, européens, chinois et japonais en novembre à Paris, pour plancher sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Sommet sur la paix en novembre

À cette date, la France souhaite inviter une centaine de chefs d’États pour les célébrations du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Ils seront aussi conviés à participer à l’initiative du Forum de Paris sur la Paix qui entend réenchanter l’idéal pacifiste, notamment onusien, qui a du plomb dans l’aile.

A Aix-la-Chapelle, Macron expose une vision kantienne de l'Europe

Le président français a défendu une vision à 30 ans de l’Europe qui réponde à trois impératifs catégoriques, lors de la remise du prix Charlemagne, à Aix-la-Chapelle le 10 mai.

 

 

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