Macron recevra Poutine lundi à Versailles, au lendemain du G7

Le parti d'Emmanuel Macron a obtenu une majorité très importante aux législatives le 18 juin 2017 [Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock]

Le 29 mai, lendemain du sommet du G7, le nouveau président français Emmanuel Macron recevra Vladimir Poutine, un homme dont il fustige les « valeurs », mais avec qui il sait le dialogue incontournable. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Emmanuel Macron, qui fera son entrée sur la scène internationale jeudi au sommet de l’Otan à Bruxelles puis vendredi et samedi à celui du G7 en Sicile, a esquissé en deux mots, durant la campagne présidentielle, sa future relation avec la Russie : « dialogue » et « fermeté ». Tout en affirmant ne « pas faire partie de ceux qui sont fascinés par Vladimir Poutine », dont il ne partage pas les « valeurs ».

A La Villette, Macron insiste sur les valeurs républicaines et l'Europe

Le candidat a développé, lors d’un meeting ayant réuni 12.000 personnes à Paris, le 1er mai, son credo anti-FN. Il a aussi clairement dénoncé les régimes d’Orban, Kacszynski et Poutine, et envisagé une nouvelle expertise sur le CETA, s’il est élu.

Le maître du Kremlin reçu au Grand Trianon

Pour recevoir le maître du Kremlin, il a choisi le cadre très royal du Grand Trianon, un élégant palais voisin du château de Versailles, qui accueille une exposition sur le tsar bâtisseur Pierre le Grand. Recevoir Vladimir Poutine dans un tel cadre permet au président français de ne pas donner un aspect trop officiel à la visite, « c’est assez habile », estime une source diplomatique.

« Cette première rencontre intervient très rapidement, mais après un voyage de Macron à Berlin et après le sommet de l’Otan : c’est un message qui permet de rappeler que la priorité française, c’est l’Allemagne et le projet européen », estime le directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Thomas Gomart. « Poutine pour sa part espère corriger l’image très négative qu’il a laissée pendant la campagne présidentielle française », ajoute le chercheur, citant l’audience accordée en mars au Kremlin à la candidate d’extrême-droite Marine Le Pen, et les piratages informatiques contre le parti d’Emmanuel Macron, attribués à des hackers russes.

Une présidentielle française sous haute pression internationale

Menaces terroristes de l’EI, propagation de fakes news via les Etats-Unis, investissements massifs de la Russie sur des médias francophones d’extrême-droite : la présidentielle française s’est déroulée sous haute tension extérieure.

Dialogue indispensable

Avant son élection, Emmanuel Macron n’avait lui-même pas mâché ses mots envers Moscou et les médias russes. « Les amis de Mme Le Pen ce sont les régimes de MM. Orban, Kaczynski, Poutine », avait-il lancé le 1er mai en référence au Premier ministre hongrois, au chef du parti conservateur nationaliste PiS au pouvoir en Pologne et au maître du Kremlin.

Mais le nouveau président, élu le 7 mai, a aussi toujours plaidé pour un dialogue avec Moscou, acteur clé dans plusieurs dossiers internationaux, à commencer par la crise syrienne. « Ma conviction est que seules la fermeté et l’unité des Européens nous permettront de maintenir le dialogue ouvert avec Moscou, qui est indispensable », martelait-il le 18 mars dans un discours.

De son côté, la Russie, exclue du G8 – redevenu G7 – et sous le coup de sanctions internationales depuis l’annexion de la Crimée et le soutien aux rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine, retient surtout l’appel au dialogue. Le « développement des relations franco-russes » sera au programme des discussions, dans tous les domaines, a confirmé le Kremlin dans un communiqué.

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