Les Allemands frileux sur la solidarité au sein de l’OTAN face à la Russie

Le nouveau siège de l'OTAN. EPA/STEPHANIE LECOCQ [Stephanie Lecocq/ EPA]

Les citoyens des pays de l’OTAN sont de plus en plus favorables à l’alliance. Mais seule une minorité d’Allemand soutiendrait une intervention armée en cas d’un conflit avec la Russie.  Un article d’Euractiv Allemagne.

L’OTAN sort d’une période difficile. Le président de son membre le plus puissant, les États-Unis, a en effet qualifié l’organisation d’obsolète et indiqué qu’il préfèrerait collaborer avec la Russie. Donald Trump est cependant revenu sur cette déclaration et insiste : l’OTAN est le « rempart de la paix internationale ».

En Europe, les budgets de la défense augmentent et le rôle de l’OTAN a repris une importance stratégique. Lors d’une rencontre  à Bruxelles, le 25 mai, l’Alliance transatlantique tentera donc de rasseoir son autorité sur les relations internationales.

L'UE et l'OTAN espèrent arrondir les angles avec Trump

Il tient l’UE en piètre estime et ses critiques vis-à-vis de l’OTAN ont fait craindre un désengagement des États-Unis : à Bruxelles, les dirigeants européens attendent avec fébrilité Donald Trump en espérant effacer ces désaccords.

Redorer le blason de l’OTAN

Une nouvelle étude du centre de recherche Pew indique que si l’image de l’OTAN auprès du public s’est ternie ces dernières années, les choses sont en train de s’arranger. Selon le groupe de réflexion, qui a interrogé des citoyens de plusieurs pays européens, des États-Unis et du Canada, « l’image de l’OTAN s’améliore des deux côtés de l’Atlantique ».

L’Alliance est très populaire en Pologne et aux Pays-Bas (auprès de 79 % des citoyens dans ces deux cas). Les Allemands sont troisièmes du classement des pays pro-OTAN (67 %), suivis par le Canada (66 %), les États-Unis et le Royaume-Uni (62 %), la France (60 %) et l’Espagne (45 %).

Le président polonais veut étendre la présence de l’Otan à l’Est

Le nouveau président polonais, Andrzej Duda, a estimé mercredi que la présence de bases abritant du matériel et des unités de l’Otan en Europe centrale et de l’Est devrait augmenter « progressivement ».

Dans les huit pays sondés, la popularité de l’OTAN a augmenté depuis l’année dernière. Même en Suède, pays qui ne fait pas partie de l’Alliance, 47 % des citoyens la voient d’un bon œil.

Les défenseurs de l’organisation n’appartiennent cependant pas aux mêmes familles politiques de part et d’autre de l’Atlantique. En effet, côté européen, l’OTAN est surtout bien vue auprès des conservateurs (qui l’approuvent à 77 % en Allemagne, par exemple), alors qu’aux États-Unis ce sont les libéraux et la gauche qui la défendent le plus (81 % des libéraux, contre 48 % des conservateurs).

Dans un contexte où l’Europe pense de plus en plus à une défense commune militarisée, les auteurs de l’étude ont tenté de tester la solidarité entre membres de l’OTAN. Résultat : les Allemands sont les membres de l’organisation les moins enclins à soutenir une intervention militaire dans ce cadre. Seuls 40 % des Allemands interrogés se sont exprimés en faveur d’un soutien militaire à un membre de l’OTAN qui serait engagé dans « un conflit sérieux » avec la Russie. C’est tout de même 2 % de plus que l’an dernier.

Dans les sept États européens sondés et au Canada, les citoyens estiment cependant pouvoir compter sur les États-Unis en cas de conflit ouvert avec la Russie. Malgré les messages contradictoires de Donald Trump à l’égard de l’Alliance, 65 % des Allemands interrogées estiment que le gouvernement américain honorerait sa promesse d’assistance en cas de guerre avec la Russie.

Même en Espagne, le pays où l’OTAN est le moins populaire, 70 % des personnes interrogées pensent que Washington porterait secours à ses alliés transatlantiques.

Si l’OTAN était une institution démocratique, et non une alliance entre puissances militaires occidentales, on pourrait en conclure que les résultats de ce sondage prédisent une réunion réussie et soutenue du public.

La rencontre pourrait en outre encore renforcer l’Alliance. En mars, Jens Stoltenberg, son secrétaire-général, a demandé à tous les membres de lui envoyer des plans détaillés sur les dépenses nationales en matière de défense.

Selon un rapport de la radio Deutschlandfunk, la question sera discutée le 25 mai. Pour adoucir les Américains, leurs alliés pourraient mettre en place un accord pour augmenter à nouveau leurs budgets respectifs. L’OTAN pourrait donc bien sortir gagnante de sa relation houleuse avec Donald Trump.

Trump sans concession envers l'UE et l'OTAN

La main tendue vers la Russie, «l’erreur catastrophique de Merkel» sur les migrants, l’Otan «obsolète», le «succès» du Brexit qui verra d’autres pays quitter l’UE: le président américain élu Donald Trump a réalimenté la machine à polémiques dimanche dans des entretiens à la presse européenne.