L’Union pour la Méditerranée souhaite renforcer la coopération régionale

« Le multilatéralisme n’est pas un luxe ou un choix […] C’est une nécessité que nous ne pouvons pas contourner », a soutenu M. Kamel, mettant en exergue le caractère transfrontalier de sujets comme le changement climatique ou la perte de la biodiversité. [EPA-EFE/ANGEL DIAZ]

« Les pays sont condamnés à coopérer et à trouver des solutions communes », notamment pour contrer les risques climatiques dans la région, a déclaré Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM) dans un entretien avec Euractiv.

Pour le secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel, après une réponse multilatérale tardive face au choc initial provoqué par le nouveau coronavirus, « le monde et les régions comprennent désormais la valeur de la coopération régionale. Nous avons vu qu’un bon nombre d’actions avaient d’ailleurs été lancées à ce sujet, manifestants de [réels] signes de solidarité ».

L’UE s’est engagée à verser 18 millions d’euros à des fins sanitaires immédiates et 880 millions d’euros pour soutenir son voisin du sud dans la création d’un paquet humanitaire à hauteur de 2,2 milliards d’euros.

« Le multilatéralisme n’est pas un luxe ou un choix […] C’est une nécessité que nous ne pouvons pas contourner », a soutenu M. Kamel, mettant en exergue le caractère transfrontalier de sujets comme le changement climatique ou la perte de la biodiversité.

« Je suis désolé d’utiliser cette tournure quelque peu négative, mais nous sommes condamnés à travailler ensemble à trouver des solutions communes. Nous sommes condamnés à tenter d’aider nos voisins, afin de nous aider nous-mêmes ».

L’UpM est une institution multilatérale rassemblant tous les États membres de l’UE et leurs voisins méridionaux, créée à l’issue du processus de Barcelone amorcé il y a 25 ans dans le but de renforcer les relations entre le bloc et les pays de la côte sud de la Méditerranée.

Nasser Kamel est inspiré par le travail du commissaire européen à l’élargissement et à la Politique européenne de voisinage, Olivér Várhelyi, dont il explique qu’« il adopte une approche participative [avec les partenaires du sud de la Méditerranée]. Il ne s’agit pas d’une relation “donneur-bénéficiaire”, mais plutôt un partenariat ».

« L'évaluation statistique est au cœur des Objectifs de développement durable »

Les statistiques vont permettre l’évaluation des objectifs de développement durable (ODD), et notamment des objectifs d’égalité des genres, explique Fatiha Hassouni de l’Union pour la Méditerranée.

Olivér Várhelyi et Josep Borrel, chef de la diplomatie européenne, rencontreront bientôt les ministres européens et du sud de la Méditerranée afin de discuter des priorités de l’UE dans la région.

D’après M. Kamel, le climat constitue l’un des défis les plus importants de l’UE et de ses voisins méditerranéens, étant donné que la région du sud est l’un des « points chauds » du réchauffement climatique.

« Nous vivons réellement à l’ère de l’urgence climatique », a-t-il poursuivi.

« Le bassin méditerranéen se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale. Au vu de la situation actuelle, les températures devraient augmenter de 2,2 °C d’ici à 2040, dépassant fortement l’objectif de 1,5 °C prévu dans l’accord de Paris. Par conséquent, plus de 250 millions de personnes seront considérées comme “pauvres en eau” dans 20 ans », peut-on lire dans une étude de l’UpM publiée en 2019.

La coopération régionale

UpM est également en première ligne afin de promouvoir la coopération des autorités régionales et locales dans la région méditerranéenne, conjointement avec la plus grande initiative de coopération transfrontalière (CTF) mise en œuvre par l’UE dans le cadre de l’instrument européen de voisinage (IEV). Le Programme IEV CTF « Bassin Méditerranée » 2014-2020 dispose ainsi de 209 millions d’euros pour ce faire.

« La coopération entre les autorités locales et régionales en Tunisie, Italie, Maroc et Espagne, entre autres, a donné des résultats notables sur place », a indiqué Nasser Kamel.

« Sans oublier que ces actions sont symboliques. Elles montrent que les acteurs à l’échelle locale de deux ou trois différents pays sont capables de travailler main dans la main sur des projets visant à contrer la pollution plastique dans les régions côtières, par exemple », a-t-il renchéri.

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Le genre « n’est pas un luxe »

Une étude réalisée en 2012 a montré qu’un accroissement de 5 % de la participation des femmes au marché du travail pourrait porter le PIB de la région sud-méditerranéenne à 1,3 % de 2015 à 2030.

M. Kamel souligne que le genre « n’est pas un luxe, mais une nécessité économique et sociale ».

Afin d’accélérer le travail sur ce sujet, l’UpM a mis en place un nouveau dispositif de contrôle, grâce auquel les 42 États membres devront se transmettre leurs avancées sur les questions de genre.

Les indicateurs se concentreront sur 4 domaines : la participation des femmes dans les processus décisionnels et économiques, les actes de violence sur fond de genre et la lutte contre les stéréotypes.

« Je suis agréablement surpris de voir la volonté de nos membres à s’engager dans cet exercice, et ce depuis le début de mon mandat », salue-t-il.

« Il n’y aucune division nord-sud entre nos membres ».

La pandémie « est une motivation supplémentaire, car elle montre que des parties de notre société sont plus vulnérables que d’autres. Celles-ci souffrent d’autant en temps de périodes chamboulées, comme celle que nous traversons maintenant ».

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