Mogherini prête à l’auto-critique sur la politique étrangère de l’UE

Mogherini inaugure le début de la consultation sur la politique européenne de voisinage. [Commission]

Federica Mogherini, la Haute Représentante pour les affaires étrangères, a admis à demi-mot que la politique européenne de voisinage de la Commission Barroso a sans doute été naïve, voire agressive.

Elle insiste cependant sur le fait que ce problème pourrait être résolu dans quatre mois, à la fin de la consultation sur l’avenir de la politique de voisinage de l’Union, lancée le 4 mars.

Quand un journaliste lui a demandé si la politique de voisinage avait souvent été naïve et si Bruxelles avait sous-estimé la réaction de Moscou à l’accord d’association avec l’Ukraine, Federica Mogherini a répondu qu’elle ne serait pas « trop critique ». L’UE et la Russie sont actuellement engagées dans une confrontation ouverte.

La consultation sur l’avenir de la politique européenne de voisinage (PEV) lancée par la Commission couvre les relations de l’UE avec 16 pays, dix pays méditerranéens et six pays d’Europe de l’est. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait promis de réévaluer la PEV dans la première année de son mandat.

« L’objectif d’un processus de révision est d’évaluer ce qui n’a pas fonctionné, avec nos partenaires et en interne. L’autocritique joue un grand rôle dans ce processus. Je ne m’attarderai pas à critiquer ce qui s’est passé dans le passé », indique Federica Mogherini, qui ajoute néanmoins que la nouvelle Commission pouvait « voir clairement les limites » de la politique européenne jusqu’à présent.

« Je n’évite pas la question, mais il n’est pas juste de juger la politique naïve ou agressive au premier jour du processus de dialogue avec nos partenaires. Ce sera peut-être une question à poser dans quatre mois, à la fin du processus de consultation », indique l’Italienne.

>> Lire : Les députés critiquent la politique européenne de voisinage

Une consultation large

L’objectif de la Commission est de consulter aussi largement que possible les partenaires de l’UE dans les pays voisins, et les parties prenantes au sein de l’UE, et ce jusqu’à la fin du mois de juin. Après cette période de consultation, un communiqué, attendu pour l’automne, formulera des propositions pour l’avenir de la PEV.

La Commission reconnait que le voisinage de l’UE est aujourd’hui moins stable qu’il y a dix ans, une situation notamment illustrée par le conflit en Ukraine, une politique extérieure russe de plus en plus musclée, une guerre civile en Syrie et le conflit libyen.

« La PEV n’a pas toujours été en mesure d’offrir les réponses adéquates aux événements récents, ni à l’évolution des aspirations de nos partenaires. Les intérêts de l’UE n’ont donc pas été bien servis non plus », peut-on lire dans le document de consultation, de dix pages.

L’exécutif européen note également que l’approche universelle, non différenciée, vis-à-vis des pays voisins ne fonctionne pas. « Cette révision doit tenir compte des demandes de partenaires qui ont des ambitions très différentes », soulignent les auteurs du document.

Les gouvernements et autres parties prenantes de l’UE devront également répondre à une série de question. Dans l’ensemble, il s’agit de déterminer de ce qui peut être amélioré afin d’assurer une plus grande cohérence entre la PEV et les relations de l’UE avec la Russie.

>> Lire aussi : La signature de l’accord d’association ne lève pas le flou des relations UE-Ukraine

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