Mogherini appelle au réalisme sur les relations entre l’UE et Moscou

Federica Mogherini et Sergueï Lavrov, le 24 avril 2017 à Moscou. [European Commission]

En visite officielle en Russie, la chef de la diplomatie européenne a souligné que l’UE voulait améliorer ses relations avec la Russie, mais comptait maintenir les sanctions  mises en place après l’annexion de la Crimée.

Federica Mogherini a indiqué, lors de sa première visite officielle à Moscou en tant que chef de la diplomatie européenne, qu’il fallait cesser d’agir comme s’il n’y avait aucun problème entre la Russie et l’UE. Elle a tenu ce discours lors d’une conférence de presse organisée à Moscou après son entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Elle a également critiqué les autorités russes au sujet des cas de violence et d’abus contre des hommes tchétchènes, martelant qu’il était de la responsabilité du gouvernement russe de protéger les droits de tous ses citoyens. « Nous espérons que la fédération russe fera ce qu’il faut pour protéger ses citoyens dans le respect des droits de l’Homme », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle avait abordé la question avec Sergueï Lavrov.

Moscou étend son influence en Moldavie

La Moldavie s’est vu octroyer le statut d’observateur par l’Union économique eurasiatique. Un autre rapprochement vers la Russie suite à l’élection du nouveau président pro-russe. Un article d’Euractiv Roumanie.

Un rapport datant du 1er avril, publié par le journal indépendant Novaya Gazeta, a révélé que plus de 100 hommes auraient été détenus récemment en Tchétchénie en raison de leur homosexualité présumée, et qu’au moins trois d’entre eux auraient été tués.

Federica Mogherini et Sergueï Lavrov ne se sont pas non plus accordés sur ce que les États occidentaux qualifient d’attentat au gaz sarin perpétré par le gouvernement de Syrie, pays que la Russie soutient ouvertement. L’attaque a tué plus de 80 personnes dans un village syrien contrôlé par des rebelles, dans la province d’Idlib.

Federica Mogherini a précisé que la coopération UE-Russie n’était « pas gelée » et que l’UE désirait une coopération plus étroite, mais que les progrès ont été entravés par des désaccords sur des sujets tels que l’Ukraine et la Syrie. « Comme je l’ai dit, je pense, tout comme Sergueï Lavrorv, que cet échange a été utile, constructif, positif, et que nous continuerons sur cette voie dans les semaines et les mois à venir », a déclaré la haute représentante.

Sergueï Lavrov a indiqué que la Russie n’avait « jamais soulevé » la question des sanctions « parce les sanctions font partie de ces problèmes artificiels qui entravent les relations de la Russie avec l’Union européenne ». « Federica Mogherini a soulevé un aspect très intéressant aujourd’hui en indiquant que l’Union européenne souhaitait que tout le monde mette en application les accords de Minsk. »

Il a ajouté que cela incluait le gouvernement de Kiev, les milices de Donetsk et de Louhansk ainsi que l’Union européenne, parce que, selon lui, L’Allemagne et la France agissent au nom de l’UE.

Problème systémique

Sergueï Lavrov a précisé que si toutes les parties adoptaient les accords, la Russie forcera Donetsk et Louhansk à respecter leurs engagements, tandis que l’Allemagne et la France devront s’assurer que l’Ukraine en fasse de même. « Nous sommes prêts à apporter notre contribution, mais malheureusement, Kiev évite tout dialogue direct avec la République autoproclamée de Donetsk et celle de Louhansk. »

Les problèmes de relations entre la Russie et l’Union européenne devraient être abordés et aucun obstacle artificiel ne devrait entraver nos rapports, a souligné le ministre russe des Affaires étrangères. « En dépit de ce problème systémique, nous voulons maintenir le dialogue. Nous espérons que la situation sera évaluée de manière judicieuse. »

« Dans tous les cas, nous sommes voisins, et il vaut mieux affronter les problèmes plutôt que de créer des obstacles artificiels sur lesquels discuter », a-t-il indiqué. « Nos relations ne sont pas au meilleur point, mais durant ces discussions, personne n’a fait la morale à personne. Nous avons essayé de nous respecter », a déclaré le ministre. « Je pense que c’est la meilleure approche. »

Les eurodéputés craignent un « chantage » de Moscou sur les importations d’engrais

Une initiative de la Commission pour la réduction de la contamination au cadmium inquiète certains eurodéputés, qui craignent que cela ne rende les agriculteurs plus dépendants des importations russes.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.