Mujica rêve d’un projet comme l’UE pour l’Amérique latine

José Mujica

L’ancien président de l’Uruguay, José Mujica, a affirmé que malgré ses défauts, il voudrait un système comme celui de l’Union européenne pour l’Amérique latine. Un article d’Euroefe.

« J’aimerais que l’Amérique latine soit comme ça, un mélange de contradictions, du bazar certes, mais quelque chose qu’on aurait construit ensemble », a déclaré José Mujica, lors d’un entretien avec la presse le dimanche 2 septembre, lors de la présentation du film « La noche de 12 anos » du réalisateur uruguayen Alvaro Brechner à Venise.

« Le projet de la communauté économique européenne a bien sûr beaucoup de défauts, mais le continent n’a jamais vécu une période de paix aussi longue, et ça ils ont tendance à l’oublier », a-t-il commenté. « Je crois que ça vaut au moins la peine d’y réfléchir et de ne pas tirer des conclusions trop hâtives », a-t-il soutenu après avoir rejeté le mot « populisme » qui selon lui veut tout et rien dire et est synonyme de « tout ce qui dérange ».

L’Espagne, éternelle contradiction

Il estime par ailleurs que l’Espagne est une éternelle contradiction, ce pays qui « a semé des gens dans toute l’Amérique  et qui est maintenant effrayé par les immigrants. » « La voilà cette Espagne forte, mais encore féodale. »

Interrogé sur la situation au Venezuela, il a répondu « En Amérique il se passe des choses qu’ils se passent aussi en Europe, mais en Europe ils les dissimulent bien. »

« Ne me dites pas que l’Amérique est pleine de défauts et que l’Europe est parfaite, je n’y crois pas. Dans tous les cas, nous avons les mêmes défauts à notre échelle », a-t-il souligné.

Dangers du nationalisme fanatique

Il a également abordé le thème du nationalisme : « le nationalisme des enfants est une bonne chose, car il permet de forger le caractère et l’identité, mais quand il est exacerbé, il se transforme en quelque chose de dangereux, il tombe dans le fanatisme. »

L'Europe prend un tournant «dangereux» vers l'«ethno-nationalisme»

L’entrée de l’extrême droite dans la nouvelle coalition au pouvoir en Autriche est un tournant « dangereux », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, mettant en garde contre « l’exploitation de la peur » en Europe.

José Mujica, qui à 83 ans vient de démissionner de son poste de sénateur, a rappelé certains détails de ses douze ans de captivité durant la dictature militaire. Une histoire abordée dans le film d’Alvaro Brechner.

À la question de savoir si le film pouvait aider à ce que son histoire ne tombe pas dans l’oubli, José Mujica a déclaré : « ils disent que ces choses sont très importantes, mais ce que j’ai appris de l’Histoire, c’est que le seul animal capable de se heurter à la même histoire plusieurs fois s’appelle l’homo sapiens. »

Subscribe to our newsletters

Subscribe