Nouveau sommet à Minsk pour sortir de l’impasse en Ukraine

François Hollande et Angela Merkel

C’est sur un chemin semé d’embûches que la France et l’Allemagne poursuivent leurs efforts pour trouver une issue à la crise russo-ukrainienne, avec pour objectif immédiat la réunion d’un sommet quadripartite le 11 février à Minsk.

Les efforts franco-allemand en faveur d’une résolution du conflit ukrainnien se poursuivent cette semaine, après la visite des chef d’Etat des deux pays à Kiev puis à  Moscou. 

« Les dirigeants du groupe “Normandie” ont intensément travaillé ce matin au téléphone pour continuer d’élaborer le paquet de mesures se situant dans le cadre d’un règlement global du conflit », a déclaré dimanche l’Élysée dans un communiqué.

« Ce travail se poursuivra demain à Berlin sur la base des discussions d’aujourd’hui avec l’objectif d’organiser mercredi à Minsk une réunion au sommet du format “Normandie” “ ajoute la présidence.

Le format « Normandie » fait référence à une rencontre, en juin dernier en marge des cérémonies du 70e anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 sur les plages normandes, entre les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Petro Porochenko en présence de François Hollande et d’Angela Merkel.

La France et l’Allemagne se sont montrées plus prudentes que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a dit à la Conférence de Munich sur la sécurité que Moscou attendait des « décisions importantes » de la réunion de Minsk.

Vladimir Poutine a dit de son côté qu’il projetait de rencontrer les dirigeants allemand, français et ukrainien mercredi à Minsk à condition que les parties se rapprochent d’ici là d’un accord sur la mise en œuvre du protocole de Minsk conclu en septembre dernier.

« La conversation avec les homologues de Kiev, Berlin et Paris vient de prendre fin. Nous sommes convenus de tenter d’organiser une réunion sous le même format, à Minsk », a-t-il dit lors d’une rencontre avec le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, à Sotchi au bord de la mer Noire.

Merkel cible de critiques

« Nous essaierons (de nous rencontrer) mercredi, si, d’ici là, nous réussissons à nous accorder sur nos positions, dont nous discutons intensément depuis quelques jours », a-t-il ajouté.

A Kiev, le site de la présidence ukrainienne indiquait que les dirigeants des quatre pays espéraient que la rencontre de Minsk permettrait d’aboutir à « un cessez-le-feu rapide et inconditionnel ».

Le président ukrainien a parlé de « progrès » réalisés lors de la conversation téléphonique à quatre : « Les participants ont réalisé des progrès lors des discussions sur une série de mesures visant à mettre en œuvre les accords de Minsk », a dit Petro Porochenko.

Le président français et la chancelière allemande se sont rendus ensemble jeudi à Kiev et vendredi à Moscou pour tenter de trouver une issue à l’escalade de la violence dans l’est de l’Ukraine qui serait fondée sur les accords de Minsk, restés jusqu’ici lettre morte.

>> Lire : Hollande et Merkel portent leur plan de paix à Moscou et Kiev

Angela Merkel a essuyé de vives critiques de deux sénateurs américains – les « faucons » républicains Lyndsey Graham et John McCain – en raison de son opposition à la fourniture d’armes à l’armée ukrainienne, option envisagée actuellement outre-Atlantique.

« Les Ukrainiens se font massacrer et nous leur envoyons des couvertures et des vivres », a déploré McCain à Munich. « Les couvertures n’ont guère d’effet face à des chars russes ».

Violents combats à Debatseve

Le secrétaire d’État américain John Kerry s’est employé à minimiser les points de désaccord avec l’Europe.

« Allons-nous rester unis? La réponse est que nous sommes absolument unis, sans équivoque, nous sommes unis et nous le resterons », a dit Kerry dimanche à la conférence de Munich.

Federica Mogherini, la porte-parole de l’Union européenne, a estimé que la livraison d’armes américaines à Kiev ne provoquerait pas une crise entre Washington et l’UE.

« Nous sommes unis lorsqu’il importe de soutenir l’Ukraine(…). Nous sommes unis lorsqu’il est question de pressions économiques et nous le sommes aussi quant à la nécessité d’avoir un dialogue politique », a-t-elle dit à Reuters.

Angela Merkel a quitté dimanche l’Allemagne pour Washington, où elle doit être reçue lundi par Barack Obama. Russophone ayant grandi dans l’ex-RDA, elle est à la pointe des efforts pour trouver une solution politique au conflit séparatiste de l’est de l’Ukraine, ayant eu des dizaines de conversations téléphoniques avec Vladimir Poutine au cours de l’année écoulée et l’ayant rencontré aussi bien à Moscou qu’à Sydney ou Milan ces derniers mois.

En privé, les responsables allemands reconnaissent que Vladimir Poutine n’a guère de goût pour le compromis et que par le passé, il est revenu sur certaines promesses.

Selon un haut responsable, qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat, le maître du Kremlin n’a guère envie de conclure un accord de paix en ce moment, les séparatistes pro-russes progressant sur le terrain dans l’est de l’Ukraine.

Un porte-parole militaire ukrainien a déclaré dimanche que d’intenses combats se poursuivaient dans le secteur de Debaltseve, petite ville et nœud ferroviaire stratégique où les séparatistes ont tenté à plusieurs reprises de briser les lignes de l’armée régulière.

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