Nouvelles mesures de sécurité au Danemark après les attentats

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Des fleurs à l'entrée de la synagogue visée lors des attentats de Copenhague, 15 février. [Kim Bach/Flickr]

Trois personnes ont été tuées à Copenhague lors d’une attaque terroriste le 14 février. La Première ministre et la ministre de la Justice annoncent d’ores et déjà de nouvelles mesures de sécurité.

La Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, a déclaré le dimanche 15 février qu’elle présenterait de nouvelles mesures de lutte contre l’extrémisme et la radicalisation après les attentats de ce week-end à Copenhague. Cinq policiers ont été blessés et trois personnes, dont le terroriste présumé, ont trouvé la mort.

Le samedi 14 février, vers 3 heures 30 de l’après-midi, un jeune homme de 22 ans a ouvert le feu sur le centre culturel de Krudttønden, à Copenhague, où des artistes, dont les deux Suédois Lars Vilks et Dan Park, et l’ambassadeur français au Danemark, François Zimeray, participaient à un débat sur la liberté d’expression après les attentats de Paris. Lars Vilk est connu pour ses dessins controversés dépeignant le prophète Mohammed. L’un d’eux représentait le prophète sous la forme d’un chien.

Le réalisateur danois Finn Nørgaard a été tué dans cette attaque, et trois autres policiers blessés. Quelques heures plus tard, le tireur danois, Omar Abdel Hamid El-Hussein a ouvert le feu en dehors d’une synagogue, tuant un guarde de la synagogue, Dan Uzan. Deux policiers ont également été touchés.

Ces attentats ont peut-être été inspirés par les événements de Paris, en janvier, quand l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché juif avaient été attaqués. 17 personnes avaient péri dans ces attentats. Si, en France, les terroristes avaient des liens avec le groupe islamiste Al-Qaïda, l’auteur des attentats au Danemark n’était connu de la police que pour des délits liés à des gangs criminels.

>>Lire: La France en deuil après les attentats contre Charlie Hebdo?

Des milliers de jeunes de l’Europe occidentale ont rejoint les groupes armés dans des zones de conflits en Syrie et en Irak. Lors d’une visite à la synagogue le lendemain de l’attentat, Helle Thorning-Schmidt a expliqué ne pas savoir si le tireur était un combattant étranger, mais elle compte tout de même « introduire des mesures à l’encontre des personnes qui décident de quitter leur pays démocratique et en pays pour aller se battre à l’étranger », et ce dans un avenir proche.

La non-participation danoise en matière de justice remise en question

Peu après les attentats de Paris, elle avait déclaré vouloir renforcer les ressources des services secrets danois, afin de combattre le terrorisme. Elle avait également mentionné l’organisation d’un référendum sur la non-participation du pays à la coopération européenne sur la justice et les affaires intérieures.

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Après 16 ans de participation à Europol, le Danemark est en effet censé quitter l’agence de coopération policière européenne. À cause de cette option de non-participation, le Danemark sera également exclu de la nouvelle législation PNR sur les données des dossiers  passagers, visant à déterminer les habitudes de voyage des terroristes suspects et à en savoir plus sur leurs séjours dans des camps d’entrainement ou des zones de conflit.

Helle Thorning-Schmidt et d’autres dirigeants de partis pro-européens du parlement danois ont promis l’organisation d’un référendum sur la non-participation du pays à la justice pour avril 2016, mais le referendum pourrait à présent être avancé.

>> Lire : La première ministre danoise remet aux calendes grecques le référendum sur Europol

Dimanche, Mette Frederiksen, ministre de la Justice, a également déclaré aux micros de DR, la radiotélévision d’État, que de nouvelles lois sur le terrorisme verraient probablement le jour après ces attentats. Lors d’une conférence de presse, elle a également indiqué : « malheureusement, nous ne pouvons pas nous permettre d’être naïfs aujourd’hui, ou à l’avenir. Des forces sombres essaient de nous blesser, et nous devons répondre de manière catégorique. »

Il y a un mois, Mette Frederiksen avait rendu visite à Bernard Cazeneuve, ministre français de l’Intérieur, à Paris, en solidarité avec les victimes des attentats de Charlie Hebdo. Quelques heures après les attaques de Copenhague, le ministre français avait à son tour manifesté sa solidarité et annoncé une visite au Danemark. Le président français, François Hollande, a été le premier chef d’État à appeler Helle Thorning-Schmidt pour présenter ses condoléances.

Selon Mette Frederiksen, « cela me touche, et je pense que cela touche tout le monde au Danemark, de savoir que le reste du monde nous soutient dans une situation si difficile ».

>> Lire : Les mesures sécuritaires affluent en ordre dispersé dans l’UE après les attentats

Suite à l'attentat de Copenhague, la Commission européenne a publié un communiqué : « La Commission européenne et la Haute Représentante déplorent les attaques à Copenhague, qui ont coûté la vie à au moins deux citoyens et blessé plusieurs autres. Même une seule vie serait trop. Nos pensées vont aux victimes et à leurs familles. L'Europe est solidaire du Danemark et défend la liberté d'expression. Nous ne tolérons pas l'antisémitisme ni aucune autre forme de discrimination. L'Europe ne se laissera pas intimider. »

Le président du Conseil, Donald Tusk, a quant à lui déclaré : « Une fois encore, l'Europe est choquée par ce qui semble être un autre attentat terroriste brutal visant nos valeurs et libertés fondamentales, dont la liberté d'expression. Au nom de l'Union européenne, je voudrais exprimer notre sympathie et notre soutien au Danemark et aux Danois, et tout particulièrement aux victimes et à leurs familles. Notre détermination de lutter contre tous les types d'extrémisme et de terrorisme ressort renforcée de ces attaques. Cette détermination a été confirmée par tous les dirigeants européens lors de notre réunion à Bruxelles il y a seulement deux jours [12 février]. Nous allons accélérer le processus pour nos nouvelles priorités dans la lutte contre le terrorisme. Nous ferons face à cette menace ensemble. »

L'Élysée a également publié une communication samedi 14 février.  « Le président de la République a appris l’attentat qui s’est produit cet après-midi à Copenhague à l’issue d’une rencontre sur l’islamisme et la liberté d’expression à laquelle participait l’Ambassadeur de France au Danemark, M. François Zimeray qui n’a pas été touché par les tirs. Plusieurs blessés seraient néanmoins à déplorer. Le président de la République a exprimé à la Première ministre du Danemark, Helle Thorning-Schmidt toute la solidarité de la France dans cette épreuve. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve se rendra dans les meilleurs délais à Copenhague. » 

La coopération des États membres de l'UE dans la lutte contre le terrorisme s'est intensifiée après les attentats contre le Word Trade Center à Ney York en 2001, puis encore davantage après les attentats de Madrid et de Londres en 2004 et 2005.

« Suite au 11 septembre, l'UE a instauré des mandats d'arrêt européens. Aujourd'hui, nous devons en faire plus », estime Donald Tusk, le président du Conseil, qui rassemble les 28 chefs d'État et de gouvernement européens.

Cette déclaration de Donald Tusk faisait suite aux attentats contre Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015 et aux autres attaques terroristes qui ont suivi et dans lesquelles 17 personnes ont trouvé la mort.

Juste après ces attentats, les représentants européens avaient promis de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme.

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