Nucléaire iranien : Khamenei ne veut pas de discussions qui s’éternisent

« Nous devons faire bien attention à ce que les négociations ne deviennent pas érosives. Cela ne doit pas (devenir) un moyen pour certaines parties de traîner en longueur, ce qui serait nuisible au pays », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei dans un discours retransmis par la télévision d’État. [EPA-EFE/HO]

Les négociations en cours à Vienne en vue de sauver l’accord sur le nucléaire iranien ne devront pas « traîner en longueur » car cela serait « nuisible » à l’Iran, a averti mercredi le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Nous devons faire bien attention à ce que les négociations ne deviennent pas érosives. Cela ne doit pas (devenir) un moyen pour certaines parties de traîner en longueur, ce qui serait nuisible au pays », a déclaré le numéro un iranien dans un discours retransmis par la télévision d’État.

Le guide suprême a tenu ces propos en pleine période de tensions autour de la question du nucléaire iranien.

Après une explosion dimanche dans une usine d’enrichissement d’uranium du centre de l’Iran que Téhéran impute à Israël, la République islamique a annoncé qu’elle allait enrichir ce minerai à hauteur de 60% en isotope 235, bien au-delà des 20% qu’elle pratique depuis janvier et du seuil maximal de 3,67% autorisé par l’accord conclu en 2015 par l’Iran avec la communauté internationale à Vienne.

Cet accord est moribond depuis la décision américaine d’en sortir unilatéralement en mai 2018, suivie un an plus tard de celle prise en riposte par Téhéran de s’affranchir de la plupart des limites que cet accord imposait à ses activités nucléaires.

Des négociations se tiennent actuellement dans la capitale autrichienne pour tenter de faire revenir les États-Unis et l’Iran à leurs obligations.

Le guide suprême a donné son aval à ces discussions mais a fixé comme condition, pour que l’Iran revienne à la stricte application du texte, que Washington lève d’abord toutes les sanctions américaines imposées contre l’Iran depuis 2018 et que la suppression effective de ces mesures puisse être vérifiée.

Les discussions de Vienne se déroulent entre les États encore parties à l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Iran et Russie), sous l’égide de l’Union européenne, garante de l’accord. Les États-Unis y sont associés, mais indirectement, Téhéran refusant tout contact direct.

Une réunion au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères des États parties à l’accord doit avoir lieu jeudi.

Après la décision iranienne d’enrichir de l’uranium à 60%, le président Joe Biden a dit son intention de continuer à négocier. Berlin, Londres et Paris ont pour leur part condamné un « développement grave », « contraire à l’esprit constructif des discussions ».

M. Khamenei a répété de son côté qu’il ne croyait pas aux « promesses » des Européens et qu’il se méfiait comme de la peste des intentions des Américains.

Nucléaire iranien : les discussions démarrent sur une note positive

L’ex-président américain Donald Trump avait dénoncé unilatéralement en 2018 ce pacte conclu à Vienne trois ans plus tôt, qui vise à garantir que Téhéran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique.

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