Débat tendu sur le nucléaire lors du sommet du Partenariat oriental

Vladimir Makei et Jean-Claude Juncker lors du sommet du Partenariat oriental, le 24 novembre. [Commission]

Le sommet du Partenariat oriental a été marqué par un échange houleux entre la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, et le ministre biélorusse des Affaires étrangères, Vladimir Makei, à propos d’une centrale nucléaire très controversée.

Les dirigeants européens ont rencontré leurs homologues de six anciennes républiques soviétiques, l’Ukraine, la Moldavie, la Biélorussie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, lors du cinquième sommet du Partenariat oriental. La réunion s’est terminée sur une déclaration conjointe apparemment adoptée sans heurts.

Donald Tusk, actuel président du Conseil et architecte du Partenariat oriental alors qu’il était Premier ministre polonais, a d’ailleurs admis qu’il aurait préféré un texte plus ambitieux, même si les dirigeants pouvaient être fiers de ce qu’ils avaient réalisé.

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Malgré un bilan global positif, une question a tout de même généré des tensions : la centrale nucléaire d’Astravyets. Cette centrale est située à seulement 40 km de Vilnius, la capitale lituanienne, qui ne l’estime pas sûre. La Lituanie qualifie la centrale de menace pour sa sécurité nationale et reproche à Minsk de l’avoir construite sans égard au droit ou aux normes internationales

Un échange houleux aurait eu lieu entre Dalia Grybauskaite, présidente lituanienne, et Vladimir Makei, ministre biélorusse des Affaires étrangères, à ce sujet. Ce dernier représentait son pays au sommet, conformément aux souhaits du président, Alexander Lukashenko.

Les journalistes n’ont pas manqué de poser la question à Jean-Claude Juncker, lors de la conférence de presse après la rencontre. « En ce qui concerne la centrale nucléaire […], la Commission européenne ne considèrera pas qu’il s’agit là d’une question bilatérale entre la Lituanie et un pays voisin. Il s’agit d’une question européenne et je suis pleinement solidaire avec la présidente lituanienne et le peuple lituanien. Nous suivrons ce dossier de très près », a-t-il assuré.

La Commission a réussi à faire fermer les réacteurs nucléaires qu’elle considérait comme dangereux en Slovaquie, en Bulgarie et en Lituanie quand ces pays étaient candidats à l’adhésion. Reste cependant à savoir comment l’exécutif européen pourrait influencer la Biélorussie.

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Vladimir Makei a pour sa part estimé que ce sommet était « l’un des plus réussis » et s’est félicité que la déclaration conjointe soit aussi « réaliste » et ait été adoptée sans tensions majeures. Il assure par ailleurs que la rencontre n’a pas été marquée par la confrontation et ne s’était pas « dirigée contre des pays tiers », soit la Russie.

Il a indiqué avoir insisté sur « l’intégration entre les processus d’intégration européens et eurasiens » et donc la convergence de l’intégration de l’UE et celle de l’union économique eurasienne. Minsk fait partie de ce dernier processus, tout comme  le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Arménie et la Russie.

Depuis 20 ans, les relations entre la Biélorussie et l’UE ont été difficiles et émaillées de sanctions, a rappelé le ministre. L’an dernier, la majorité des sanctions ont été supprimées et les deux parties ont « commencé à reconstruire une confiance mutuelle », a-t-il cependant souligné.

« Nos partenaires européens ont changé de mentalité, ils se rendent compte qu’ils doivent adopter des approches différentiées et spécifiques vis-à-vis de chacun des membres du Partenariat oriental », a-t-il conclut.

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