Viktor Orbán annonce un référendum sur les dispositions controversées anti-LGBTQI+

M. Orbán a accusé l’exécutif européen d’abuser de ses pouvoirs en contestant les récents amendements apportés aux lois hongroises sur l’éducation et la protection de l’enfance. [EPA-EFE/ANDREJ CUKIC]

Mercredi 21 juillet, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a annoncé son intention d’organiser un référendum sur les questions de protection de l’enfance afin de lutter contre la pression exercée par l’Union européenne sur la législation qui, selon l’Union, est discriminatoire à l’égard des personnes LGBTQI+.

Intensifiant sa guerre culturelle avec la Commission européenne, M. Orbán a accusé l’exécutif européen d’abuser de ses pouvoirs en contestant les récents amendements apportés aux lois hongroises sur l’éducation et la protection de l’enfance.

« L’avenir de nos enfants est en jeu, nous ne pouvons donc pas céder du terrain sur cette question », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook.

L’exécutif européen a lancé jeudi dernier trois procédures contre la Hongrie et la Pologne pour ce qu’il considère comme des violations des droits fondamentaux des personnes LGBTIQ+.

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La Commission a déclaré qu’elle considérait que la nouvelle législation controversée de Budapest, qui interdit de « promouvoir ou de présenter » l’homosexualité ou le changement de sexe aux mineurs et limite l’éducation sexuelle dans les écoles, était en violation de nombreuses lois européennes.

« Ces dernières semaines, Bruxelles a clairement attaqué la Hongrie au sujet de sa loi sur la protection de l’enfance. Les lois hongroises ne permettent pas la propagande sexuelle dans les jardins d’enfants, les écoles, à la télévision et dans les publicités », a déclaré M. Orbán.

Budapest a accusé Bruxelles de ne pas approuver ses plans de relance financés par l’UE en raison des nouveaux amendements. La Commission a déclaré que ses préoccupations concernant les plans de relance et de résilience n’étaient pas liées à la loi LGBTQI+, mais à l’absence de protection contre la corruption.

M. Orbán n’a pas annoncé quand le référendum prévu serait organisé, mais a précisé qu’il comprendrait cinq questions, qui sont les suivantes :

  • Êtes-vous favorable à la tenue d’activités présentant des orientations sexuelles à des enfants mineurs dans un établissement d’enseignement public sans le consentement des parents ?
  • Êtes-vous favorable à la promotion du changement de sexe pour les enfants mineurs ?
  • Êtes-vous favorable à la possibilité de changement de sexe pour les enfants mineurs ?
  • Êtes-vous favorable à la présentation aux mineurs, sans restriction, de contenus à caractère sexuel susceptibles d’affecter leur développement ?
  • Êtes-vous favorable à la présentation aux mineurs, sans restriction, de contenus illustrant le changement de sexe ?

Dans une lettre précédente, la Commission a déclaré que le projet de loi mettait l’homosexualité, le changement de sexe et la divergence par rapport à l’identité personnelle correspondant au sexe à la naissance « sur le même pied que la pornographie, et sont considérés comme susceptibles d’exercer une influence négative sur le développement physique et moral des mineurs ».

M. Orbán, qui est au pouvoir depuis 2010 et affronte une élection en avril prochain, se présente comme un défenseur des valeurs chrétiennes traditionnelles face au libéralisme occidental.

Dans son annonce, M. Orbán a fait allusion au référendum de 2016 initié par son gouvernement sur les plans de relocalisation des migrants de l’UE.

« Je vous demande de dire “non” à ces questions ensemble, tout comme nous avons dit “non” il y a cinq ans lorsque Bruxelles voulait forcer les immigrants vers la Hongrie, puis un référendum et la volonté commune du peuple ont arrêté Bruxelles. Nous avons réussi une fois, et ensemble nous réussirons encore », a-t-il déclaré dans son annonce de mercredi.

Lors du référendum de 2016, qui n’a pas atteint un taux de participation de 50 % pour être considéré comme valide, les quotas de migrants de l’UE ont été rejetés à une majorité de 98 %.

Néanmoins, la plus haute juridiction de l’UE a jugé en 2020 que la Hongrie, ainsi que la Pologne et la République tchèque, n’avaient pas respecté leurs obligations légales en vertu du droit européen lorsqu’elles ont refusé de participer au système de relocalisation des réfugiés.

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