OTAN : des « divergences importantes » subsistent avec la Russie

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en compagnie d’Alexander Fomin (vice-ministre de la Défense russe) et Alexander Grushko (vice-ministre des Affaires étrangères russe) le 12 janvier 2022 à Bruxelles. [NATO]

Selon le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg, il existe des « divergences importantes » entre la Russie et l’OTAN au sujet de l’Ukraine, et il sera difficile de les surmonter. C’est ce qu’il a déclaré à l’issue d’un entretien qui a duré près de cinq heures mercredi (12 janvier) et au cours duquel Moscou a réitéré sa demande de garanties relatives à la sécurité européenne.

« Nos divergences ne seront pas faciles à surmonter, mais le fait que tous les alliés de l’OTAN et la Russie se soient assis autour d’une même table et aient abordé des sujets importants est un signe positif », a confié M. Stoltenberg aux journalistes.

La réunion de mercredi du Conseil OTAN-Russie, présidée par M. Stoltenberg, comprenait des entretiens avec les 30 ambassadeurs de l’alliance occidentale et la délégation russe dirigée par le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Grouchko.

Toutefois, les commentaires de M. Stoltenberg à la presse ont clairement montré qu’il n’y avait pas eu de réelle avancée lors de ces discussions qui ont eu lieu deux jours après la rencontre des diplomates russes et américains à Genève, sans qu’aucun calendrier précis n’ait été établi pour des engagements futurs.

M. Stoltenberg a déclaré que la Russie avait profité de la réunion de mercredi pour réitérer sa demande de mettre fin à l’expansion de l’OTAN vers l’Est, tandis que les alliés réaffirmaient la politique de la porte ouverte de l’alliance.

« Seuls l’Ukraine et les 30 alliés peuvent décider quand l’Ukraine pourra devenir membre de l’OTAN. Personne d’autre ne le peut, et bien sûr, la Russie n’a pas de droit de veto sur cette question », a réaffirmé M. Stoltenberg.

Faisant implicitement référence à la politique de la porte ouverte de l’OTAN, il a déclaré aux journalistes que la situation en Ukraine et dans les alentours a poussé la Finlande à mettre l’accent sur le « droit de choisir ses alliances », laissant entendre que les menaces de la Russie devraient contribuer à l’élargissement de l’OTAN plutôt qu’à arrêter celui-ci.

Concernant l’Ukraine, M. Stoltenberg a déclaré que tout recours à la force de la part de la Russie contre le pays serait une grave erreur politique pour laquelle la Russie paierait un prix élevé.

Il a toutefois déclaré que l’OTAN était prête à poursuivre les discussions avec Moscou sur « les moyens concrets de renforcer la transparence des exercices militaires, de prévenir les incidents et de réduire les menaces spatiales et informatiques », ainsi que sur la maîtrise des armements, et notamment « les limitations mutuelles en matière de missiles et de politique nucléaire ».

Les deux parties ont également discuté de la possibilité de rouvrir leurs bureaux respectifs à Bruxelles et à Moscou, après que la Russie les ait fermés vers la fin de l’année dernière.

La Russie a demandé un délai pour apporter une réponse à ces questions, a également déclaré M. Stoltenberg.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexander Grushko, devait informer la presse plus tard de la décision de Moscou, ce qui n’a pas été fait au moment de la publication de cet article.

Les pourparlers entre les représentants de l’UE, des États-Unis et de la Russie se poursuivront à Vienne jeudi 13 janvier à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision russe Dozhd mercredi, l’ambassadeur américain auprès de l’OSCE, Michael Carpenter a déclaré : « Notre objectif principal est, en principe, d’établir un dialogue. Je pense qu’il convient de noter expressément qu’il n’y a pas de négociations en tant que telles cette semaine ».

Rencontre OTAN-Russie sur fond de bras de fer autour de l’Ukraine

Des responsables de l’OTAN et de la Russie doivent se réunir pour des entretiens à Bruxelles, ce mercredi (12 janvier), afin de discuter du renforcement militaire de Moscou le long de la frontière ukrainienne et de la sécurité européenne.

Subscribe to our newsletters

Subscribe