Le Covid-19 entrave la stratégie de l’UE avec l’Afrique

Les discussions sur un nouveau partenariat UE-Afrique s’enlisent en raison du SARS-CoV-2, a admis le responsable des affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, lundi (21 septembre), alors qu’un sommet crucial entre les deux parties a été reporté à 2021. EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS / POOL

Les discussions sur un nouveau partenariat UE-Afrique s’enlisent en raison du SARS-CoV-2, a admis le responsable des affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, lundi (21 septembre), alors qu’un sommet crucial entre les deux parties a été reporté à 2021.

S’exprimant après une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a déclaré que « les restrictions sur le nouveau coronavirus [avaient] ralenti nos efforts de communication, mais pas notre ambition de porter notre partenariat au niveau le plus élevé possible ».

« Nous devons utiliser les prochaines semaines pour nous mettre d’accord sur des priorités communes qui devraient préparer notre coopération future », a-t-il ajouté.

L’UE dévoile ses projets de partenariat avec l’Afrique

Lundi 9 mars, l’UE a présenté sa nouvelle stratégie globale concernant l’Afrique, qui inclut des partenariats dans cinq domaines différents. Première étape : sept mois de négociations pour élaborer un programme avant le sommet Union africaine-Union européenne (UA-UE) d’octobre prochain.

En mars, la Commission européenne a dévoilé un document intitulé « Vers une stratégie globale avec l’Afrique », destiné à lancer un processus de consultation de six mois à l’issue duquel une nouvelle feuille de route devait être présentée et approuvée lors du sommet de l’UE avec l’Union africaine en octobre.

Le dossier de 19 pages propose des partenariats couvrant la transition verte, la transformation numérique, la croissance durable et l’emploi, la paix et la gouvernance, ainsi que la migration et la mobilité. Il évoque également un instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI) pouvant fournir jusqu’à 60 milliards d’euros d’opérations de garantie pour stimuler les investissements durables entre 2021 et 2027, et ce, en se concentrant principalement sur l’Afrique.

Toutefois, le sommet d’octobre est devenu l’une des victimes diplomatiques de la pandémie de Covid-19, les représentants ayant confirmé son report à 2021 au début du mois, bien qu’aucune nouvelle date n’ait été fixée. Une rencontre virtuelle avait alors été envisagée, mais sans succès.

Bien qu’une réunion entre les ministres européens et africains des Affaires étrangères prévue la semaine prochaine ait également été annulée, les ministres européens du Développement discuteront des relations UE-UA lors d’une réunion le 28 septembre, a déclaré M. Borrell aux journalistes.

Les deux parties affirment que la pandémie a mis en évidence la nécessité de renforcer leurs liens.

« Le virus a accentué le fait que nous avons besoin l’un de l’autre, maintenant plus que jamais », a déclaré l’ambassadeur du Botswana auprès de l’UE, Samuel Outlule.

« Le partenariat UE-Afrique sera crucial pour soutenir les efforts visant à aider les pays et leurs économies à se maintenir à flot et à se redresser dans les années à venir », a-t-il ajouté.

L'accord « post-Cotonou » est à portée de main

L’accord longuement reporté devant succéder à l’accord de Cotonou conclu entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) devrait se concrétiser d’ici à la fin de l’année.

En attendant, un accord « post-Cotonou » entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) devrait se concrétiser d’ici à la fin de l’année.

En outre, des divergences persistent au sein du navire européen sur les conditions d’immigration, les voies d’immigration légales ainsi que la réadmission de demandeurs d’asile déboutés et de migrants économiques. Des questions de santé sexuelle et génésique de même que plusieurs sujets traitant des droits de l’homme doivent encore être abordés.

La pandémie devrait également modifier le débat entre les dirigeants européens et africains sur le commerce et l’économie. Les autorités africaines devraient exiger que la nouvelle stratégie de partenariat UE-UA prévoie des mécanismes visant à promouvoir les investissements dans leurs infrastructures, l’industrie manufacturière et la diversification des exportations.

De plus, les demandes de soutiens financiers supplémentaires de la part de l’UE se multiplient pour les pays africains les plus touchés par la pandémie.

Par ailleurs, l’accord de libre-échange avec l’Afrique entrera en vigueur en janvier 2021.

En octobre de cette année, le G20, le groupe des 19 économies les plus développées au monde, devrait prolonger l’allégement de la dette des pays en développement, dont ceux africains touchés par la pandémie de coronavirus, et ce, au moins jusqu’à la fin de 2021.

Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et d’autres analystes de marché prévoient que la dette souveraine africaine moyenne augmentera pour atteindre entre 60 et 70 % du PIB en 2021 ; plusieurs pays seront confrontés à des problèmes d’endettement.

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