Pascal Lamy: l’Europe doit faire face au défi de la mondialisation

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La future place de l’Europe dans la mondialisation n’est pas garantie, selon Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC. Pour conserver son rang, l’Europe doit redynamiser sa courbe démographique et agir sur les coûts de l’énergie et l’innovation technologique. 

« L’Europe dans la mondialisation est un espoir à ne pas décevoir », a affirmé Pascal Lamy, président d’honneur du think tank Notre Europe-Institut Jacques Delors et ancien directeur général de l’OMC. 

Le basculement dans la mondialisation a eu des « effets positifs considérables » comme la réduction de la pauvreté, l’augmentation générale des niveaux de santé, d’éducation, l’accès aux droits humains ou encore l’égalité homme-femme a-t-il rappelé. 

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Mais les effets de la mondialistation ne sont pas seulement bénéfiques. Pascal Lamy note des « effets négatifs substantiels ressentis différemment selon le pays » avec la montée des inégalités au sein des pays riches comme émergents, la transformation des relations des humains dans leur travail ou encore la pression de nos systèmes de production sur l’environnement.

L’Europe, un espoir dans le monde

Si, selon Pascal Lamy, les effets positifs l’ont emporté sur les effets négatifs, l’avenir reste cependant incertain. Il s’agit donc de trouver le bon équilibre par une approche collective et politique. Pour Pascal Lamy, L’Europe a su trouver le meilleur équilibre et reste une référence et un espoir dans le monde notamment sur les questions des libertés individuelles, environnementales et de l’intolérance aux inégalités.

« Comme le dit souvent Madame Merkel, l’Europe c’est 7 % de la population mondiale, 20 %  de l’économie mondiale et 50 % des dépenses de santé mondiales. […] C’est ça qui fait l’identité européenne. Et c’est la raison pour laquelle ce modèle est vu comme ce qu’il y a de mieux en termes de civilisation car il y a davantage de cohésion sociale », explique l’ancien directeur général de l’OMC.

Quid de l’avenir ?

Pour l’ancien haut fonctionnaire européen, il faut à présent savoir si l’Europe restera porteuse ou non de cet espoir. L’Europe va devoir trouver des solutions pour palier ses faiblesses. En effet, le continent voit sa population diminuer et vieillir, ce qui va entrainer un affaiblissement  du dynamisme économique. Un problème que l’Europe pourrait résoudre grâce à l’immigration. 

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Par ailleurs, le coût de l’énergie pèse sur la compétitivité et la productivité européenne. En particulier le coût de l’énergie en Europe est amené être le double de ce qu’il est aux États-Unis. L’UE doit aussi faire face à des tensions énergétiques notamment à l’est.

Enfin, la place de l’Europe à la frontière technologique a rétréci depuis une dizaine d’années. En effet, elle était partagée à 50 % entre l’Europe et les États-Unis. A présent les États-Unis en possèdent 60 % grâce aux géants de l’Internet tels que Google, Amazon, Microsoft ou encore Apple, et plusieurs pays émergents s’y mettent.

L’Europe a les moyens de réagir

Pour Pascal Lamy, le sort de l’Europe n’est pas encore scellé, mais il faut changer les prévisions. « Si l’on veut que la mondialisation soit aussi civilisée que possible sous l’influence et la pesée de la conception que les Européens ont ensemble d’une bonne société, il faut redresser le parcours prévu », indique-t-il.

Si l’on veut que l’Europe pèse dans la mondialisation, il faut changer de dynamique et inverser la tendance à la lente érosion de son influence sur la scène internationale. Ce passe notamment par la défense des valeurs et des intérêts européens, selon lui.

Ce travail va ainsi incomber à la nouvelle Commission européenne qui aura pour tâche de « parler d’une seule voix et d’une seule bouche ».

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Le progrès technologique, la réduction des distances et la politique de libéralisation menée dans l'UE et dans le monde a pemis une augmentation des échanges commerciaux et des flux financiers entre les États.

Cependant cela a un impact considérable sur l’économie européenne. La mondialisation amène en effet d'importants profits et opportunités mais elle oblige aussi l'Europe à faire face à une plus forte concurrence de la part d’économies émergentes comme l’Inde, et d’économies innovantes comme les États-Unis.

Notre Europe - Institut Jacques Delors

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