Varsovie accuse Bruxelles d’être au service des grands États

Jacek Czaputowicz, ministre des Affaires étrangères polonaises, présente son rapport annuel à Varsovie, le 21 mars 2018. EPA-EFE/RADEK PIETRUSZKA POLAND OUT [EPA-EFE/RADEK PIETRUSZKA POLAND OUT]

Le ministre polonais des Affaires étrangères estime que la Commission européenne est  les institutions européennes, qui agissent comme un « super-gouvernement ». Un article d’Euractiv Pologne.

Lors d’un discours au parlement polonais, le Sejm, Jacek Czaputowicz, le ministre polonais des Affaires étrangères, a estimé que l’UE était en crise et a rappelé que les pays d’Europe centrale et de l’Est souhaitaient la continuité des engagements des États-Unis et de l’OTAN dans la région. Il a souligné leurs inquiétudes vis-à-vis de la Russie.

« La Russie tente de réviser l’ordre politique qui s’est imposé en Europe après 1989. C’est une menace, le vieux mantra de toute diplomatie raisonnable – la sécurité avant tout – est donc aussi notre mot d’ordre », a-t-il indiqué. « Nous ne pouvons obtenir la paix et la sécurité que grâce à un moyen de dissuasion fiable fondé sur un pouvoir réel. »

Groupe des « neuf de Bucarest »

Le ministre se félicite donc de la formation du groupe des « neuf de Bucarest », qui regroupe la Pologne, la Roumanie, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Slovaquie, la République tchèque, la Hongrie et la Bulgarie. « Les postulats de ce groupe sur le renforcement militaire du flanc oriental de l’OTAN ont été adoptés lors du sommet de 2016 et mis en œuvre dès l’année suivante », rappelle-t-il.

Varsovie est favorable à la continuité de sa politique de « portes ouvertes » vis-à-vis d’autres partenaires. « Nous voulons développer la coopération avec les pays partenaires de l’OTAN. Avant tout avec ses voisins immédiats, la Finlande, la Suède, l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, avec qui nous partageons une interprétation de la nature de ces menaces à la sécurité internationale. »

Jacek Czaputowicz a aussi insisté sur l’engagement de la Pologne pour l’intégration européenne, rappelant la popularité de l’adhésion à l’Union dans le pays. « Grâce à notre adhésion, les citoyens polonais peuvent étudier et apprendre à l’étranger. Ils ont aussi accès au marché unique. Il n’est donc pas surprenant que 87 % de Polonais soutiennent l’adhésion à l’UE. Ce taux est le plus élevé d’Europe », a-t-il souligné.

La Pologne est l’un des plus grands bénéficiaires des fonds européens, mais aussi l’un des pays qui les utilisent le plus efficacement. Varsovie ne soutient pas l’idée « d’aligner le budget européen à l’état de droit », craignant que « des critères peu clairs mènent à des restrictions arbitraires ».

Angela Merkel tend la main à Varsovie

La visite de la chancelière allemande en Pologne témoigne de la volonté des deux pays à renouer le dialogue et à renforcer leur coopération bilatérale. Un article d’Euractiv Pologne.

Critiques des institutions européennes

« Rien ne nuit davantage à l’idée de l’intégration européenne que l’inégalité de ses États membres face à la loi, l’utilisation de deux poids deux mesures et la transformation de la Commission de gardien objectif des traités en un instrument des grands États », a estimé le ministre des Affaires étrangères, assurant que Varsovie était « ouverte au dialogue et à une vraie discussion avec la Commission ».

En décembre, l’UE a lancé une action en justice sans précédent contre le gouvernement polonais, issu du parti de droite PiS, pour « menaces systémiques » à l’indépendance de la justice et lui a donné trois mois pour s’y conformer. La date limite pour expliquer sa position était le 20 mars.

Les eurodéputés votent pour l'activation de l'article 7 contre la Pologne

Les eurodéputés se sont prononcés hier en faveur de l’activation contre la Pologne de l’article 7, qui vise à la sauvegarde de l’état de droit dans le pays.  Un article d’Euractiv Pologne.

Jacek Czaputowicz souligne que la Pologne « défendra notre droit à mener à bien les réformes de la justice conformément aux attentes des Polonais. Les changements dans le système judiciaire mis en œuvre en Pologne ne violent pas les principes d’un État de droit démocratique et renforcent même ces principes ».

« La Commission n’est pas un super-gouvernement, et le Parlement européen n’est pas un super-parlement qui peut instruire les parlements nationaux », ajoute-t-il. « L’UE n’est forte qu’avec le soutien réel des citoyens. La vague croissante d’opposition à Bruxelles n’est pas la cause de la faiblesse démocratique de l’UE, mais son effet. »

Selon le ministre, l’objectif de la Pologne est d’approfondir ses liens dans le domaine de la sécurité avec les États-Unis. Varsovie s’oppose à toute mesure « provoquant l’émergence de divisions transatlantiques », mais a adopté une position plus dure à l’égard de la Russie.

« Nous considérons qu’il est nécessaire de maintenir un dialogue politique. Son essence, cependant, ne peut être d’ignorer la politique agressive actuelle [de la Russie] à l’égard de l’Occident. La Russie a violé de nombreux traités ces dernières années. Les relations pragmatiques avec la Fédération de Russie sont dans l’intérêt de la Pologne et de l’Europe. La diplomatie polonaise s’efforce d’élaborer une politique cohérente de l’OTAN et de l’UE à l’égard de la Russie », a-t-il résumé.

Les pays baltes veulent éviter des sanctions à la Pologne

La Lettonie, la Lituanie et l’Estonie s’opposent aux sanctions de l’UE contre la Pologne pour violation de l’état de droit. Un article d’Euractiv Pologne.

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