Les dirigeants européens recherchent l’inspiration auprès du pape

Jean-Claude Juncker, Pape François, Martin Schulz et Donald Tusk. [European Parliament]

Les chefs d’État européens rencontreront le Pape François le 24 mars à Rome, avant le sommet qui devrait donner à l’UE une nouvelle direction à l’UE post- Brexit.

Le 25 mars, à l’occasion du 60ème anniversaire du traité de Rome, les dirigeants européens se rencontreront dans la capitale italienne, dans l’espoir de créer une nouvelle vision positive pour le projet européen, en prise à des crises multiples. La veille, ils s’entretiendront avec le Pape François au Vatican, a déclaré un diplomate à Euractiv.

Juncker va dévoiler sa vision pour l'UE post-Brexit

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit dévoiler le 29 février un « livre blanc » sur l’avenir de l’UE, explorant différentes pistes de réformes pour préserver l’unité menacée de l’Europe post-Brexit, a annoncé mardi un porte-parole.

Le 27 février, Joseph Muscat, le Premier ministre maltais, a mentionné une rencontre possible avec le pape, qui pourrait « fournir une direction qui manque aux personnalités politiques » dans le contexte des 60 ans du traité de Rome.

« Je pense que [le pape] est le dirigeant le plus à même, étant donné les circonstances, d’avoir les compétences et la vision de tenir un discours transcendant l’évidence et les banalités que nous proférons tous, en politique », a déclaré le Premier ministre lors d’un forum sur les relations de voisinage de l’UE, organisé à la Valette par l’institut Jacques Delors. Il ajoute, avec un sourire, « et cela vient d’un socialiste. »

Selon Yves Bertoncini, directeur de l’institut, depuis la fin du mandat de Barack Obama, le pape est la seule autorité morale en mesure de servir de guide aux dirigeants européens. Des diplomates ont indiqué à Euractiv que l’idée d’une rencontre entre le pape et les dirigeants européens avait été proposée il y a un certain temps et avait reçu des réactions positives.

Enrico Letta appelle les pro-européens à se mobiliser

Lors d’une conférence à Malte, l’ancien Premier ministre italien, Enrico Letta a estimé qu’une victoire de la dirigeante du Front National aux élections françaises marquerait « le début de la fin » pour l’UE.

Lors d’un premier discours au Parlement européen, en novembre 2014, le Pape François avait souligné le besoin de créer de l’emploi, et le danger que représentait la bureaucratie, qui risquait de suffoquer les idéaux qui avaient insufflé tant d’espoir dans les institutions européennes.

Le Pape François estime que l’Europe doit trouver un nouvel élan, une nouvelle énergie, elle qui apparaît « vieille et fatiguée » au pontife, qui la compare à une grand-mère qui n’est plus fertile ni passionnée. « Les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions », a-t-il regretté.

Le 25 novembre, le pape avait exhorté les dirigeants européens à aider davantage les milliers de migrants qui risquaient leur vie pour s’installer sur le continent. « La Méditerranée ne doit pas devenir un grand cimetière », avait-t-il plaidé.

Le Pape craint de voir la Méditerranée se transformer en « grand cimetière »

Le pape François s’est adressé aux dirigeants européens mardi 25 novembre et les a exhortés à aider davantage les milliers de migrants qui risquent leur vie pour s’installer sur le continent. « La Méditerranée ne doit pas devenir un grand cimetière », plaide-t-il.

Le Pape François envisagerait actuellement une visite au Soudan du Sud, où des milliers de personnes – 100 000 selon l’UE, bien plus selon des associations comme Save the Children – risquent de mourir de faim.

Bruxelles renforce son aide au Soudan du Sud pour lutter contre la famine

Le 21 février, l’UE a condamné la famine ravageant le Soudan du Sud et aggravée par les affrontements, tout en promettant 82 millions d’euros d’aide d’urgence au pays.

Le souverain pontife a contribué à la restauration des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis, s’est rendu en Israël et a accueilli le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas au Vatican. Il s’est également déplacé en Arménie et en Azerbaïdjan, deux pays voisins de l’UE et théoriquement en guerre. Le 6 mai 2016, il s’est vu décerné le prix Charlemagne, distribué aux personnalités qui contribuent à l’unité européenne.