Le Portugal et l’Argentine entendent redoubler d’efforts dans le cadre de l’accord UE-Mercosur

Le Portugal et l’Argentine, à la tête du Conseil de l’UE et du Mercosur respectivement, se sont accordés pour redoubler d’efforts afin de répondre aux questions en suspens relatives à l’entrée en vigueur de leur accord de libre-échange. [Shutterstock/Beto Gomez]

Le Portugal et l’Argentine, à la tête du Conseil de l’UE et du Mercosur respectivement, se sont accordés pour redoubler d’efforts afin de répondre aux questions en suspens relatives à l’entrée en vigueur de leur accord de libre-échange, a annoncé le gouvernement argentin vendredi (29 janvier).

« Les autorités des deux pays se sont accordées sur la nécessité d’effectuer des progrès au cours de leur présidence dans chacun de leur bloc afin de répondre aux dernières questions en suspens et d’être en mesure d’amorcer le processus de ratification de l’accord Mercosur-UE », a annoncé le ministre argentin des Affaires étrangères.

Au fil d’une visioconférence, entre la secrétaire d’État portugaise pour les Affaires européennes, Ana Paula Zacarias, et le secrétaire argentin pour les relations économiques internationales, Jorge Neme, les deux pays ont annoncé qu’ils focaliseraient leurs efforts sur les points sensibles empêchant la ratification de l’accord.

L’accord devra passer par le Parlement européen et le Congrès de chaque État membre du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay), bien que le traité puisse également entrer en vigueur de façon unilatérale entre l’Europe et chaque pays du Mercosur qui approuve le texte.

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Les questions en suspens

Parmi les points sensibles qu’il convient d’aborder figurent les aspects techniques, notamment la liste de produits bénéficiant d’indications géographiques protégées, et les implications politiques en jeu, comme sur le plan environnemental, remises en cause par plusieurs nations européennes y compris la France.

Sur le plan environnemental, l’Argentine a souligné la nécessité de s’engager afin de rendre les économies concernées plus durables.

« L’accent est particulièrement mis sur le besoin d’établir un lien entre la cause environnementale et l’objectif visant à développer les économies de façon durable, car ceci permettra d’apporter des améliorations dans les normes ».

Le Portugal et l’Argentine se sont également entendus sur le fait que la ratification et l’entrée en vigueur de l’accord auraient une « importance significative » dans la relance économique à la suite de la pandémie.

Buenos Aires a également appuyé le caractère primordial de la déclaration sur les îles Malouines, appelant l’UE, désormais séparée du Royaume-Uni, à qualifier l’archipel de cette zone contestée.

« M. Neme a souligné l’importance de la déclaration relative aux îles Malouines », peut-on lire dans le communiqué publié à l’issue de la conférence.

L’Argentine souhaite que l’UE post-Brexit perçoive les îles comme une zone contestée et non plus comme un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni. La souveraineté de l’archipel, sous le joug britannique depuis 1833, est réclamée par l’Argentine.

Il s’agit de la deuxième réunion entre le Portugal et l’Argentine en tant que présidents tournants au sein de leur bloc respectif.

Le 18 décembre 2020, peu de temps après que l’Argentine a repris les rênes de la présidence du Mercosur, les ministres des Affaires étrangères des deux pays s’étaient rencontrés afin de coordonner leurs stratégies et leur programme.

L’accord de libre-échange UE-Mercosur a été conclu en 2019 après vingt ans de négociations.

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