Pour la Grèce, la vente de sous-marins allemands à la Turquie modifiera « l’équilibre des forces »

Nikos Dedias, ministre grec des Affaires étrangères, a tenu une réunion mercredi (16 juin) à Athènes en compagnie de Nils Schmid, le porte-parole des sociaux-démocrates allemands (SPD) chargé du dossier affaires étrangères au Bundestag. [EPA-EFE/VALDRIN XHEMAJ]

Le ministre grec des Affaires étrangères a exprimé son mécontentement face à la vente de sous-marins orchestrée par l’Allemagne à l’intention de la Turquie. Une décision qui modifiera les équilibres dans la mer Égée en faveur d’Ankara.

Nikos Dedias, ministre grec des Affaires étrangères, a tenu une réunion mercredi (16 juin) à Athènes en compagnie de Nils Schmid, le porte-parole des sociaux-démocrates allemands (SPD) chargé du dossier affaires étrangères au Bundestag.

« Je ne peux qu’exprimer notre profond désarroi face au rôle du SPD dans les motions relatives à l’imposition d’un embargo sur les armes contre la Turquie. Le Premier ministre et moi-même nous sommes entretenus à de nombreuses reprises avec le sérail politique allemand sur la nécessité de maintenir l’équilibre dans la mer Égée », a-t-il déclaré.

L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont bloqué la demande de la Grèce auprès du Conseil de l’UE, tandis que le SPD a récemment voté contre un projet de loi interdisant l’exportation de sous-marins vers la Turquie.

M. Dendias a maintenu que la vente de sous-marins à un pays qui continue de déstabiliser la région changera l’équilibre des forces, et ce, au détriment des États qui accordent de l’importance à la stabilité et au respect des règles internationales.

La participation éventuelle de la Turquie à un projet militaire de l'UE serait-elle un "cheval de Troie" ?

En qualité de membre de l’OTAN, la Turquie a soumis une demande pour participer au projet européen sur la mobilité militaire, malgré les tensions avec Athènes. Si la requête est en cours d’examen, la participation éventuelle d’Ankara suscite des dissensions.

L’UE est prête au dialogue avec la Turquie

Les leaders européens se préparent au sommet organisé les 24 et 25 juin, au cours duquel ils devraient aborder les prochaines étapes à suivre avec la Turquie.

D’après un projet de conclusions, consulté par EURACTIV, l’UE salue la désescalade dans la mer Méditerranée.

« Le Conseil européen a réitéré le fait que le bloc était prêt à entamer le dialogue avec la Turquie de manière progressive, proportionnée et réversible », peut-on lire dans le document.

Il semblerait que l’UE souhaite suivre la stratégie de la carotte et du bâton. Dans les faits, si Ankara participe au dialogue et œuvre à la désescalade des tensions dans la mer Méditerranée, alors elle se verra octroyer des récompenses telles que la modernisation de l’union douanière UE-Turquie.

Dans le cas contraire, les options envisagées lors du sommet de mars seront activées dans le but de toucher certains secteurs spécifiques de l’économie turque.

La Turquie pointée du doigt pour son « éloignement croissant » des valeurs européennes

Le PE a signalé que la Turquie « s’éloignait toujours plus » des valeurs et des normes de l’UE, bien qu’elle soit candidate à l’adhésion à l’UE depuis 1999. Une situation qui a amené la relation entre Bruxelles et Ankara à « l’un des pires moments de son histoire ». Un article d’Euroefe.

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