Présidence du Parlement européen : le groupe S&D renonce à présenter un candidat

Face à une fin de non-recevoir des groupes centriste/libéral (Renew) et écologiste sur une candidature sociale-démocrate, David Sassoli, affaibli ces derniers mois par une pneumonie, ne brigue donc pas un second mandat. [JULIEN WARNAND/EPA]

Le groupe des socialistes et démocrates (S&D) du Parlement européen, deuxième force politique, a renoncé mardi (14 décembre) à présenter un candidat à la présidence de l’institution, ouvrant la voie à la Maltaise Roberta Metsola (PPE, droite) pour succéder au social-démocrate italien David Sassoli.

« On ne présentera pas de candidat S&D, les conditions ne sont pas réunies », a indiqué à l’AFP une porte-parole du groupe qui s’est réuni à Strasbourg.

Face à une fin de non-recevoir des groupes centriste/libéral (Renew) et écologiste sur une candidature sociale-démocrate, David Sassoli, affaibli ces derniers mois par une pneumonie, ne brigue donc pas un second mandat, malgré le « soutien unanime » qu’il avait reçu en novembre par les membres de son groupe politique.

Le mandat actuel de cet ancien présentateur de journaux télévisés en Italie expire en janvier 2022, à la moitié de la législature quinquennale.

Il avait été porté en 2019 à la tête du Parlement à la suite d’un accord entre les dirigeants des groupes S&D (Socialistes et démocrates), PPE (droite) et Renew Europe (centristes et libéraux) qui s’étaient engagés à lui apporter leur soutien, puis à élire un candidat PPE ensuite. Mais, fort de récents succès électoraux, en Allemagne particulièrement, le S&D ne s’était pas montré prêt à céder sa place à la tête du Parlement européen comme prévu.

La voie semble désormais bien dégagée pour la Maltaise Roberta Metsola, déjà vice-présidente du Parlement, confortablement désignée candidate du PPE en novembre.

En cas de victoire à l’élection à bulletin secret prévue lors de la session plénière du Parlement européen de janvier, elle serait, à 42 ans, la plus jeune présidente de l’institution et la troisième femme, après Simone Veil et Nicole Fontaine. « Nous avons une candidate convaincante, jeune, femme, originaire d’un petit pays » de l’UE, a répété mardi le président du groupe PPE, l’Allemand Manfred Weber.

Mais si sa connaissance de l’institution et des dossiers ne fait guère débat, sa candidature fait grincer des dents pour sa position contre l’avortement, une opinion très largement répandue à Malte, dernier pays dans l’UE où l’avortement reste complètement illégal.

De son côté, si son groupe politique n’a pas encore défini sa position, Bernard Guetta (LREM, groupe Renew Europe) a indiqué que, personnellement, il ne voterait pas pour Roberta Metsola, car cela « enverrait un très mauvais signal » pour le droit des femmes.

Seuls deux autres groupes politiques présentent pour l’heure un candidat à cette élection : la gauche radicale The Left, avec l’Espagnole Sira Rego, et les eurosceptiques d’ECR, avec le Polonais Kosma Zlotowski.

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