Pression sur la Macédoine pour régler le différend sur son nom

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Le conflit entre Skopje et Athènes bloque pour l’instant les négociations de la Macédoine avec l’Union européenne.

Le représentant de l’UE en Macédoine, Erwan Fouéré, a exhorté Skopje, mardi 6 avril, de résoudre rapidement le différend vieux de 19 ans qui l’oppose à la Grèce concernant le nom de ce pays balkanique. De récentes déclarations faites par un fonctionnaire grec ont été rapportées par les médias occidentaux – peut être à tort – comme constituant un signe d’ouverture.

Le même jour, le ministre macédonien des affaires étrangères a en effet refusé de commenter les récentes remarques largement diffusées du ministre adjoint grec aux affaires étrangères Dimitris Droutsas, affirmant qu’Athènes accepterait le nom de « Macédoine du Nord » afin de mettre un terme au différend qui a empoisonné les négociations d’adhésion à l’UE de ce pays des Balkans.

Cependant, tous les médias n’ont pas rapporté l’intégralité de la déclaration de M. Droutsas. Il a ajouté que le nom de « Macédoine du Nord » devrait être utilisé par Skopje dans ses relations avec le reste du monde, rejetant ainsi l’idée selon laquelle un nom à usage interne pourrait être conservé.

Eviter de réviser la constitution

Selon des sources diplomatiques, le médiateur de l’ONU Matthew Nimetz avait proposé que le nom « République de Macédoine » soit conservé pour un usage interne, tandis que celui de « République de Macédoine du Nord » serait utilisé pour les relations internationales. De plus, son compromis proposait que les passeports des citoyens macédoniens devraient mentionner le nom de « République de Macédoine du Nord » lorsqu’il seraient rédigés en anglais, et de « République de Macédoine » s’il étaient en langue macédonienne.

Une telle utilisation duale permettrait à Skopje de ne pas réviser sa constitution. Les pressions occidentales ont déjà amené une fois le pays à modifier sa constitution, à la suite d’un conflit ethnique en 2001 et de la signature de l’accord-cadre « Ohrid ». Même avant cela, au milieu des années 1990, la Macédoine avait été obligée de retirer de son drapeau le soleil de Vergina et d’effacer de sa constitution certaines dispositions considérées comme irrédentistes.

Actuellement, le gouvernement du premier ministre Nikola Gruevski refuse tout  nouveau changement de la constitution et menace d’organiser un référendum sur la question s’il devait faire face à de nouvelles pressions.

En ce qui concerne M. Droutsas, il a fermement rejeté toute idée d’utilisation duale. « Nous sommes très clairs : un nom avec un qualificatif géographique, qui sera utilisé dans toutes les relations. Un qualificatif géographique qui ne laisse aucun doute sur la réalité de la situation, et utilisé dans toutes les relations, pour que le jeu de cache-cache s’arrête et pour qu’une solution définitive soit trouvée. « Macédoine du Nord » convient dans le cadre de la solution que je mets en avant », a affirmé M. Droutsas.

Interrogé par un journaliste pour savoir s’il y aurait encore besoin de changer la constitution de la Macédoine, le diplomate grec a déclaré que « la solution sur laquelle tout le monde sera d’accord devra être pleinement mise en œuvre et de manière universelle. Si cela requiert un changement de la constitution, alors c’est ce qui devra se passer. »

« Si le premier ministre macédonien, Nikola Gruevski, rejette la proposition grecque, il faudra qu’il explique à son peuple pourquoi il les prive d’une perspective européenne », a mis en garde M. Droutsas.

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