Vladimir Poutine dit vouloir trouver des moyens d’améliorer les liens avec Joe Biden

Un grand écran montre le président russe Vladimir Poutine lors de la session plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 4 juin 2021. [Anatoly Maltsev/EPA/EFE]

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi (4 juin) qu’il espérait améliorer les relations profondément endommagées avec les États-Unis lorsqu’il tiendra son premier sommet avec son homologue américain Joe Biden dans le courant du mois.

Cette rencontre en face à face, qui aura lieu à Genève le 16 juin, intervient dans le contexte de la plus grave crise des relations entre les deux pays depuis des années, les tensions étant très fortes sur toute une série de questions, notamment les allégations de piratage informatique, les droits de l’homme et les allégations d’ingérence dans les élections.

« Nous devons trouver des moyens de régulariser ces relations », a déclaré M. Poutine au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, ajoutant que les liens bilatéraux sont actuellement à un « bas niveau ».

Habituellement rejoint à la session principale du forum par d’autres dirigeants mondiaux, le président russe était seul sur la scène vendredi, avec un modérateur et le chancelier autrichien Sebastian Kurz et le cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, l’émir du Qatar, participant par liaison vidéo.

« Nous n’avons pas de désaccords avec les États-Unis », a déclaré M. Poutine. « Ils n’ont qu’un seul désaccord : ils veulent freiner notre développement, ils en parlent publiquement. »

S’adressant à la télévision russe Channel One plus tard dans la journée, M. Poutine a indiqué qu’il ne s’attendait pas à une percée à Genève, mais qu’il serait bon de discuter de sujets d’intérêt mutuel. « Je m’attends à un résultat positif », a-t-il fait savoir néanmoins.

Les deux hommes se sont déjà rencontrés en 2011, lorsque M. Biden était vice-président et M. Poutine Premier ministre. Vladimir Poutine a dit qu’il se souvenait de cette rencontre, faisant l’éloge du dirigeant américain de 78 ans comme étant un politicien « très expérimenté » et « prudent ».

Depuis son entrée en fonction en janvier, M. Biden a intensifié la pression sur le Kremlin, et ses commentaires comparant M. Poutine à un « tueur » ont suscité de vives critiques à Moscou.

« C’est absurde »

L’administration Biden a imposé de nouvelles sanctions en raison du rôle joué par la Russie, selon les autorités américaines, dans la cyberattaque massive de SolarWinds et de l’ingérence présumée dans l’élection présidentielle de 2020.

M. Biden a déclaré qu’il « examinait » également d’éventuelles représailles après que la Maison-Blanche a lié la Russie à une cyberattaque contre le géant mondial de la transformation de la viande JBS.

M. Poutine a déclaré vendredi que ces affirmations étaient « risibles ».

« J’ai entendu parler d’une usine de transformation de la viande. C’est absurde », a-t-il indiqué.

« Je pense que les services de sécurité américains devraient déterminer qui est ce maître chanteur. Pas la Russie, c’est certain », a ajouté M. Poutine.

Washington a également sévèrement critiqué Moscou pour l’empoisonnement qui a failli coûter la vie à Alexei Navalny, critique du Kremlin, et son emprisonnement.

Vendredi, M. Poutine a signé une loi interdisant aux groupes « extrémistes » de participer aux élections législatives. Un tribunal de Moscou tiendra une audience la semaine prochaine afin de déterminer s’il convient d’attribuer cette étiquette aux organisations de M. Navalny.

Les critiques ont dénoncé cette loi comme la dernière mesure en date visant à réprimer l’opposition russe à l’approche des élections de la Douma, la chambre basse du pays, qui se tiendront en septembre.

La crise diplomatique avec les États-Unis a entraîné l’expulsion mutuelle de diplomates, Moscou interdisant à l’ambassade américaine d’employer des ressortissants étrangers et mettant pratiquement fin à ses services consulaires.

Lors du forum, M. Poutine a vanté l’achèvement de la première ligne du gazoduc controversé Nord Stream 2 vers l’Allemagne, malgré la forte opposition des États-Unis.

Les États-Unis et plusieurs pays européens se sont vivement opposés à la construction de ce gazoduc, estimant qu’il accroîtrait la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie pour ses approvisionnements en gaz et renforcerait l’influence géopolitique de Moscou.

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Un point difficile

M. Poutine a également suggéré aux nations européennes de payer le gaz russe en euros plutôt qu’en dollars, dans le cadre d’un effort plus large de Moscou pour réduire sa dépendance vis-à-vis du dollar.

Markus Ederer, l’ambassadeur de l’UE en Russie, a déclaré lors du forum jeudi que les relations de Moscou avec l’Union européenne étaient également au « point le plus difficile » depuis la guerre froide.

« Si vous écoutez ce que dit Sergei Lavrov, vous pouvez arriver à la conclusion que la Russie n’accorde pas d’importance aux relations avec l’UE », a ajouté le diplomate allemand, en référence au ministre russe des Affaires étrangères.

Le Forum international de Saint-Pétersbourg, souvent appelé « Davos russe », est la principale vitrine du pays pour les investisseurs et réunit des chefs d’entreprise et des dirigeants politiques.

C’est l’un des plus grands événements hors ligne organisés en Russie et dans le monde depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus, même si le nombre de participants a été limité à 5 000, soit près de quatre fois moins que lors de sa dernière édition en 2019.

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