Reconnaissance faciale : plus de 600 000 Autrichiens font partie d’un fichier

Le logiciel associe les images des caméras de surveillance à d’autres bases de données d’images de la police pour faciliter les enquêtes policières. [Trismegist san/Shutterstock]

Une base de données créée par une loi de 2020 qui autorise l’utilisation de logiciels de reconnaissance faciale pour identifier les criminels potentiels a déjà recueilli 638 693 entrées, selon une enquête parlementaire du parti libéral NEOS dévoilée lundi (6 septembre).

« Nous payons un prix énorme pour la facilitation des enquêtes policières », a déclaré Annemarie Schlack, directrice générale d’Amnesty International Autriche, ajoutant que « la reconnaissance faciale menace nos droits dans une mesure que les avantages ne peuvent compenser. »

L’ONG internationale a également relevé la marge d’erreur provoquée par cette technologie, qui conduirait à une discrimination disproportionnée à l’égard des groupes marginalisés. Le ministre de l’Intérieur Karl Nehammer a réfuté ces affirmations, soulignant que chaque correspondance d’images est examinée par un être humain.

Le logiciel associe les images des caméras de surveillance à d’autres bases de données d’images de la police pour faciliter les enquêtes policières.

Lorsque le système de reconnaissance faciale a été introduit pour la première fois, le ministère de l’Intérieur a affirmé qu’il ne serait utilisé que pour les crimes graves. Toutefois, il a admis en septembre 2020 que cet outil avait également été utilisé pour enquêter sur des manifestants.

La question de la reconnaissance faciale est actuellement fortement débattue au niveau européen. En avril, la Commission européenne a présenté sa proposition de nouvelles règles en matière d’intelligence artificielle qui vise notamment à encadrer d’utilisation de la reconnaissance faciale.

Cependant, les deux principaux organismes de surveillance de la vie privée de l’UE — le Conseil européen de la protection des données (EDPB) et le Contrôleur européen de la protection des données (EDPS) — ont tous deux critiqué le projet en juin, appelant à une interdiction générale de toute utilisation de l’IA pour la reconnaissance automatique.

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