En 2016, les réfugiés ont afflué en Espagne et en France

En 2016, plus de cinq millions de personnes ont migré de manière permanente dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) [Extremismalert]

En 2016, l’UE a réussi à juguler l’arrivée de réfugiés via la mer Égée. Mais ces derniers se sont rabattus sur l’itinéraire nord-africain, causant une augmentation des arrivées en Espagne et en France. Un article de notre partenaire, Aktuálně

Grâce à l’accord passé avec la Turquie l’année dernière, l’UE était parvenue à endiguer le flux de réfugiés tentant de rejoindre l’Europe par la mer Égée.

Les réfugiés se sont alors de nouveau tournés vers l’itinéraire traditionnel nord-africain, d’où la forte augmentation du nombre de réfugiés acceptés par la France et l’Espagne en 2016.

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Selon les chiffres publiés en janvier dernier par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en 2015, un total de 153 842 migrants ont tenté d’accéder à l’Europe par l’Italie et 4 408 par l’Espagne. Ces chiffres sont passés respectivement à 173 008 et 6 826 l’an dernier.

D’après l’UNHCR, le nombre de migrants noyés ou disparus après avoir tenté de traverser la mer Méditerranée s’est également accru en 2016.

Si l’Italie a enregistré 2 913 cas en 2015, elle en comptait 4 527 en 2016. En revanche, le nombre de morts et de disparus dans la mer Égée a diminué. Il est passé de 799 il y a deux ans à 441 l’année dernière.

Sujet épineux en 2017

En 2017, les réfugiés tentent à nouveau de pénétrer sur le territoire européen, comme en témoignent les arrestations de centaines d’individus réalisées par les vaisseaux navals espagnols et italiens depuis le 1er janvier dernier.

L’immigration constituera donc encore l’un des sujets les plus épineux de la politique européenne cette année. En effet, la Turquie menace de mettre un terme à l’accord passé avec l’UE en mars dernier, dont l’adoption avait entraîné une chute considérable du nombre de migrants fuyant vers l’Europe à travers la mer Égée.

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Par ailleurs, ces dernières années, la xénophobie s’est accentuée dans un certain nombre d’États membres. Par conséquent, la plupart des gouvernements ont commencé à envisager des mesures en vue de limiter l’afflux de réfugiés.

La politique migratoire a également changé l’année dernière en Allemagne, où le nombre de réfugiés a considérablement chuté : le pays en a accueilli 280 000, contre 890 000 en 2015.

Le nombre de demandes d’asile a quant à lui augmenté. En 2016, 745 545 demandes ont été déposées, soit environ 270 000 de plus que l’année précédente. « Nous sommes en mesure de réguler le processus migratoire », s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

D’après les autorités allemandes, la hausse du nombre de demandeurs d’asile s’explique par l’arrivée en grand nombre de réfugiés en 2015, dont le traitement des dossiers a nécessité plusieurs mois. Les réfugiés proviennent principalement de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, d’Érythrée et d’Albanie.

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Les Autrichiens veulent établir un plafond

L’Autriche souhaite également mettre en place une politique migratoire stricte. Au cours des deux dernières années, le pays s’est en effet senti submergé par une vague de migrants traversant son territoire pour se rendre en Allemagne.

En janvier, le ministre social-démocrate de la Défense, Hans-Peter Doskozil, et le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Sobotka, membre du Parti populaire, ont enjoint à l’UE de faire le nécessaire pour que les réfugiés puissent déposer leur demande d’asile en dehors du territoire des 28 États membres.

« Nous devons mettre un terme à la politique d’asile inefficace actuellement en vigueur en Europe, a insisté le ministre de la Défense. Soyons honnêtes et reconnaissons que l’UE a une capacité d’accueil limitée pour les réfugiés. Nous devons lutter contre l’immigration illégale. »

Pour l’Autriche, terre d’accueil de 80 000 réfugiés l’année dernière, la prochaine étape sera d’imposer une limite au nombre de réfugiés acceptés.

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