Renforcer les relations entre l’UE et la Russie

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Il est absolument essentiel que les relations entre l’UE et la Russie soient plus cohérentes, mieux structurées et mieux encadrées. C’est ce qu’a affirmé Thierry de Montbrial, le fondateur et directeur général de l’Institut français des relations internationales (IFRI), lors d’un entretien exclusif accordé à EURACTIV alors que M. Poutine devrait officiellement entamer son mandat de président le 7 mai prochain.

M. de Montbrial, qui vient de publier un nouveau livre, Journal de Russie 1977-2011, a fait part de ses impressions en tant qu'expert de la vie politique et des dirigeants russes, qu'il a pu rencontrer à de nombreuses reprises.

Selon lui, la décennie de M. Poutine (2000 à 2010) a été « plutôt positive » mais son nouveau mandat à la présidence russe risque de s'avérer plus compliqué.

M. Poutine a occupé la fonction présidentielle entre 2000 et 2008, après sa réélection en 2004. Conformément à la constitution russe, il n'a pas pu effectuer un troisième mandat consécutif. Il a ensuite maintenu sa domination politique en occupant le poste de premier ministre à partir de mai 2008. De nouveaux amendements de la constitution russe ont fait passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans. S'il est réélu en 2018, M. Poutine pourrait donc être à la tête du pays jusqu'en 2024.

M. de Montbrial estime qu'il est « très peu probable » que Vladimir Poutine puisse effectuer un second mandat et qu'il aura peut-être même du mal à venir à bout du premier.

Malgré ses résultats positifs, explique l'expert, M. Poutine a récemment commis un certain nombre d'erreurs et n'a pas vu venir la poussée soudaine des Russes favorable à la liberté et à la démocratie initié par ceux qui ont atteint « un certain statut social et une certaine stabilité économique » grâce à sa gouvernance.

Sa plus grosse erreur consiste à avoir décidé d’échanger les rôles avec le président sortant, Dmitri Medvedev.

Lors d'un congrès bien orchestré du parti au pouvoir, Russie unie, le 24 septembre dernier, M. Medvedev a en effet accepté de mener la liste des candidats aux élections législatives du 4 décembre, en vue de devenir le prochain premier ministre. Il avait rassemblé l'opinion en proposant que M. Poutine se porte candidat aux élections présidentielles du 4 mars 2012.

« J'en conclus […] qu'il est très peu probable que [M. Poutine] effectue un second mandat et qu'il aura même du mal à aller au bout du premier. Je pense en effet que dans les six prochaines années, la société russe subira d'importants changements, surtout si le pays connaît un bon développement économique », a expliqué M. de Montbrial.

À propos de l'avenir géopolitique d'une Europe en déclin avec ou sans la Russie, il a déclaré que pour inverser la tendance, l'UE devait se montrer capable de mettre de l'ordre dans ses affaires après la crise de la zone euro. La Russie devrait quant à elle « poursuivre, à sa manière, son évolution graduelle vers la démocratie ».

« Il est absolument essentiel que les relations entre l’UE et la Russie soient plus cohérentes, mieux structurées et mieux encadrées. Je ne vise personne en particulier pour cela », a insisté M. de Montbrial.

Il a également fait part de sa conviction que le candidat socialiste français François Hollande remporterait les élections présidentielles le 6 mai prochain, la veille de l'entrée en fonction de M. Poutine.

Pour lire cet entretien dans son intégralité en anglais, veuillez cliquer ici.

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