La Russie réfute toute responsabilité dans l’échec des négociations chypriotes

Chypre est une destination touristique appréciée des Russes. [Georgi Gotev]

L’ambassadeur russe auprès l’UE a rageusement réfuté un article selon lequel Moscou se serait efforcée de saboter l’accord de réunification de Chypre.

Lors d’un rare moment d’emportement, Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, qui parle grec et a été en poste à Chypre durant les années 1990, a publié un « commentaire » sur le site de la mission russe à Bruxelles et les réseaux sociaux.

« L’hystérie anti-russe devient contagieuse. Des combattants par trop zélés du front de la (dés)information œuvrent jour et nuit, tentant d’impliquer la Russie dans toutes sortes de problèmes, même ceux qui sont la conséquence directe du manque de vision et de l’arrogance des politiques d’autres pays », a-t-il dénoncé.

L’ambassadeur réagissait ainsi à la publication d’un article de Politico, dans lequel figure une citation d’un proche du président chypriote Nicos Anasatsiades. Celui-ci y assure que le gouvernement était conscient des « activités russes » menées pour entraver la réunification de l’île.

>> Lire : La carte de Chypre réunifiée sur la table des négociations

« La crainte de la partie grecque de Chypre est que Moscou utilise les réseaux sociaux et médias de masse, ainsi que ses liens avec des partis politiques extrêmes et l’Église orthodoxe, pour déstabiliser les négociations », selon Politico. Selon l’auteur de l’article, Moscou a interféré dans le passé, « tentant d’entraver la seule autre possibilité que Chypre ait jamais eue de se réunifier : le référendum de 2004, parrainé par l’ONU ».

« Cet accord n’a pas prévalu parce que les Chypriotes grecs l’ont rejeté, mais aussi parce que la Russie a imposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité qui définissait les changements à adopter en cas de réunification », assure l’article, publié le 12 janvier, jour de clôture des négociations infructueuses.

« Je suis les problèmes de Chypre depuis plus de 40 ans, […] je me sens obligé de commenter les allégations grotesques qui ont été faites dans le publication Politico d’hier », a écrit Vladimir Chizhov le 13 janvier.  Le diplomate rappelle que la Russie a soutenu une résolution durable et juste du problème chypriote, et a même offert « un projet complet de solution » en mai 1986.

« Je me souviens également qu’en 2004, quand la Russie a en effet imposé un veto ‘technique’ à une résolution onusienne mal préparée, les deux camps l’en ont remerciée », ajoute-t-il. Les tentatives de « rejeter la responsabilité » de l’échec des discussions sir la Russie sont à la fois injustes et trompeuses, assure le diplomate.

Nicosie entretient de bonnes relations avec la Russie, qu’elle considère comme un allié dans la région. Il existe également une communauté russe sur l’île, et la Russie y représente le deuxième marché touristique.

Chypre est par ailleurs un paradis fiscal prisé des entreprises russes cherchant à se protéger du climat d’investissement imprévisible de leur pays. En juillet dernier, le parlement chypriote avait adopté une résolution appelant le gouvernement à faire campagne pour la suppression des sanctions européennes visant la Russie depuis son implication dans le conflit ukrainien.

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