La Russie offre à la Finlande la technologie nécessaire à la fabrication du vaccin Spoutnik V

À Saint-Marin, toute personne en bonne santé âgée de 18 à 84 ans et ne résidant pas en Italie peut demander à se faire vacciner avec Spoutnik V, à condition que la réglementation en vigueur lui permette de se rendre à Saint-Marin et qu’elle ait réservé au moins six nuits dans un hébergement touristique du pays. [Shutterstock/Juan Roballo]

La Russie a proposé à la Finlande de lui fournir la technologie nécessaire à la production de son vaccin Spoutnik V, a révélé l’agence de presse Tass, dans ce que les observateurs craignent être une manœuvre stratégique à motifs politiques et commerciaux.

Le but de la Russie avec de telles offres est de semer la confusion dans l’Union européenne, a indiqué samedi (6 mars) l’ancien ambassadeur finlandais à Moscou, Hannu Himanen, au radiodiffuseur finlandais MTV3, ajoutant que la Finlande était l’un des pays de l’UE où la Russie voulait « tâter le terrain ».

La question a été soulevée pour la première fois lors d’une conversation téléphonique entre la présidente du Parlement russe, Valentina Matviyenko, et l’ancienne présidente finlandaise Tarja Halonen, qui travaille maintenant pour le groupe européen de l’OMS chargé du dossier Covid-19. Mme Halonen aurait contacté Mme Matviyenko à la demande de l’OMS pour discuter du processus d’approbation de Spoutnik V en vue d’une utilisation dans l’UE.

Cette offre intervient alors que la frustration monte en Europe en raison de la lenteur de la campagne de vaccination. De plus, un fossé se creuse entre les pays européens qui réclament une plus large palette de vaccins disponibles pour leurs citoyens et ceux qui mettent en garde contre les ambitions politiques de la Russie.

Lundi (8 mars), l’Agence européenne des médicaments (EMA) a qualifié de « roulette russe » la décision de certains États membres de l’UE d’accorder unilatéralement une autorisation de mise sur le marché au vaccin russe Spoutnik V avant qu’il n’ait été approuvé au niveau de l’UE.

Donald Tusk, l’actuel chef du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, a entretemps appelé les Polonais et les Européens à ne pas être « naïfs » quant aux intentions de la Russie et de la Chine d’offrir leurs vaccins à l’Europe.

Interrogé par EURACTIV pour savoir si la Commission envisage également les conséquences politiques potentielles de l’autorisation du Spoutnik V, le porte-parole en chef de la Commission européenne, Eric Mamer, a déclaré que l’EMA ne se concentrait que sur les questions de santé.

« C’est la seule chose que nous, en tant qu’organisation publique responsable, pouvons prendre en compte lorsque nous examinons un vaccin », a-t-il fait savoir.

Subscribe to our newsletters

Subscribe