La Hongrie vend des visas européens à la Russie

Suffirait-il de mettre la main au portefeuille pour entrer dans l'UE? [EPA/CHRISTIAN BRUNA]

Pour quelques centaines de milliers d’euros, la Hongrie vend des visas à des hommes d’affaires et personnalités russes, dont certains sont sous le coup de sanctions européennes. Un article de notre partenaire, Gazeta Wyborcza.

Mise en place en 2013, la vente de visa de résident permanent a été suspendue l’an dernier. Elle a notamment permis à la famille du chef des renseignements du Kremlin d’entrer dans l’UE, malgré les sanctions qui pèsent sur lui.

En échange de l’achat d’obligations d’Etat, pour une valeur comprise entre 250 et 300 000 euros, des non-Européens ont reçu un permis de résidence qui leur permettait de voyager dans toute la zone Schengen.

Ils ont été jusqu’à 20 000 à bénéficier du programme, principalement des citoyens chinois, russes et provenant de pays arabes.

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Alors que des millions de réfugiés peinent à s’établir sur une terre d’accueil, les plus riches trouvent sans problème asile en Europe contre un investissement ou un don. Explications d’une industrie qui brasse des milliards.

 

Un programme controversé

De temps en temps, les médias révèlent l’identité de certains bénéficiaires du programme, dont beaucoup n’auraient pas pu obtenir un visa via les canaux normaux. Certains sont soupçonnés de violation des droits de l’Homme dans leurs pays, d’autres ont des liens avec le terrorisme ou le crime organisé.

Les journalistes d’investigation de Direkt36 et du journal russe indépendant Novaya Gazeta viennent de recevoir des témoignages selon lesquels l’administration hongroise a fermé les yeux sur des détails gênants afin d’octroyer des permis de résidence.

Pour Orbán, la libéralisation des visas turcs est «impossible»

Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, estime « impossible » d’autoriser les ressortissants turcs à voyager dans l’UE sans visa, contrairement à la promesse faite par l’UE à la Turquie.

C’est le cas de Dmitry Pavlov, ancien dirigeant de la mafia moscovite Izmaylovskaya et soutient actuellement des vétérans de l’armée et des services de renseignements russes, et Alexei Jankevich, président d’un des plus grands producteurs russes de pétrole brut, Gazprom Nieftu.

La liste inclut aussi le vice-président de Rosatom, qui a introduit une demande de visa alors qu’il était accusé de corruption en Russie, ainsi que des parents de Sergei Naryshkin, directeur des renseignements russes et l’un des collaborateurs les plus proches de Vladimir Poutine. Depuis l’invasion de la Crimée, durant laquelle il était président de la Douma, le parlement russe, il est visé par des sanctions qui auraient dû l’empêcher d’entrer dans l’UE.

Le programme a cependant été suspendu en 2017, après que la presse a révélé qu’il coûtait cher aux contribuables et que les seuls à en profiter réellement, au niveau financier, étaient des proches du Premier ministre, Viktor Orbán, qui empochaient entre 40 et 60 000 euros par bénéficiaire du programme.

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