Six États membres appellent l’UE à se reconcentrer sur la Bosnie-Herzégovine

La Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Grèce, la Hongrie et la Slovénie ont ébauché un document non officiel sur la Bosnie-Herzégovine en vue d’une réunion des 27 ministres européens des Affaires étrangères lundi (22 mars), le Conseil des affaires étrangères (CAE). EPA-EFE/OLIVIER HOSLET / POOL [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET / POOL]

Six États membres de l’UE exhortent le bloc à se reconcentrer sur la Bosnie-Herzégovine et à la soutenir dans ses réformes pour faire avancer son processus d’adhésion.

La Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Grèce, la Hongrie et la Slovénie ont ébauché un document non officiel sur la Bosnie-Herzégovine en vue d’une réunion des 27 ministres européens des Affaires étrangères lundi (22 mars), le Conseil des affaires étrangères (CAE).

Le dossier, consulté par EURACTIV, souligne que le pays doit rester « au centre des préoccupations de l’UE. Les incertitudes politiques de la Bosnie-Herzégovine méritent plus d’attention de la part du Conseil de l’UE et du Conseil européen ».

Plus de 25 ans après la conclusion des accords de Dayton, qui mirent fin au conflit le plus sanglant sur le territoire européen depuis la Seconde Guerre mondiale, la Bosnie-Herzégovine reste encore sujette à des tensions ethniques entre les Croates catholiques, les Serbes orthodoxes et les Bosniaques musulmans. De plus, le caractère complexe du gouvernement bosniaque et sa fragilité ne viennent pas arranger les choses.

Sarajevo peine actuellement à mener à bien les réformes démocratiques et économiques nécessaires pour faire avancer son adhésion à l’UE.

Tout en utilisant un langage très diplomatique, le « non-papier » indique que « le pays doit encore surmonter plusieurs défis sur son chemin vers la maturité démocratique ».

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Une source européenne proche du dossier a déclaré à EURACTIV que le document vise à « porter Sarajevo à l’attention de l’UE et à mobiliser le soutien des États membres pour que le pays entreprenne les réformes essentielles [à l’adhésion] d’ici à la fin de l’année », notamment sur la loi concernant les élections législatives.

La Croatie, qui a rejoint l’UE en 2013, est l’acteur principal de cette initiative. Zagreb entretient des relations étroites avec les Croates en Bosnie. La frontière entre les deux pays, longue de 1 000 kilomètres de long, devrait jouer un rôle important dans l’adhésion de la Bosnie-Herzégovine à l’espace Schengen, dans les prochaines années sans doute.

Selon le document officieux, l’UE devrait faire le maximum pour aider la Bosnie-Herzégovine à devenir un candidat officiel à l’adhésion. Dans ce contexte, Bruxelles devrait « insister fermement pour que des progrès soient réalisés dans les secteurs de préoccupation, sans diminuer les exigences et en trouvant le juste équilibre entre conditionnalité et mesures d’incitation ».

Par ailleurs, le marasme économique, la fragmentation du paysage politique et la méfiance entre les trois groupes ethniques ne font qu’enliser les institutions du pays dans une impasse.

À ceci vient s’ajouter la crise humanitaire dans l’ouest du pays. Tandis que des migrants sans-papiers en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient empruntent la route des Balkans pour atteindre l’Europe occidentale, des centaines sont retenus dans des camps de fortune improvisés.

Le document informel fait suite à une initiative récemment imaginée par neuf nations européennes ayant pour objectif d’amorcer une discussion stratégique avec les Balkans occidentaux.

Les ministres européens devraient s’entretenir sur l’état d’avancée des Balkans occidentaux dans leur procédure d’adhésion à l’UE en avril ou en mai, d’après des sources du bloc.

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