Le gouvernement espagnol gracie les dirigeants séparatistes catalans en prison

Les grâces, qui libéreront les dirigeants de prison, sont conditionnelles et une interdiction pour les anciens politiciens d’occuper des fonctions publiques reste en place. [EFE/Toni Albir]

Le gouvernement de coalition dirigé par les socialistes en Espagne a finalisé les grâces controversées de neuf politiciens catalans emprisonnés pour leur implication dans un référendum non autorisé et une déclaration d’indépendance en 2017, rapporte EFE, partenaire d’EURACTIV.

Les neuf politiciens, dont l’ancien vice-président régional Oriol Junqueras, ont été condamnés en 2019 à des peines allant de neuf à 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds publics.

Les grâces, qui libéreront les dirigeants de prison, sont conditionnelles et une interdiction pour les anciens politiciens d’occuper des fonctions publiques reste en place.

« Cette décision est la meilleure pour la Catalogne, pour l’Espagne et la plus conforme à l’esprit de coexistence et de concorde », a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion du cabinet de quatre heures pour approuver les grâces.

« Nous aurons des défis à relever en chemin, mais cela vaut la peine d’essayer […] nous ne pouvons plus nous ignorer », a-t-il ajouté.

La décision de gracier les dirigeants catalans continue de diviser profondément l’opposition et le public espagnol.

Les sondages d’opinion montrent que plus de 60 % de l’opinion publique n’est pas d’accord avec ces grâces. Les partis de droite opposés à M. Sanchez l’ont accusé d’abandonner sa position antérieure et ont déclaré qu’ils allaient déposer un recours devant la Cour suprême pour contester cette décision.

Les partis indépendantistes ont demandé une amnistie totale et un référendum sur l’indépendance, tandis que des centaines de personnes ont manifesté à Barcelone, affirmant que la grâce n’était pas suffisante pour résoudre le conflit avec la Catalogne.

Mais M. Sanchez dit que le mouvement est un geste de bonne volonté et une étape nécessaire pour la paix et la réconciliation entre l’Espagne et la Catalogne.

Les événements de 2017 ont amené l’Espagne au bord d’une crise constitutionnelle. Le Premier ministre de l’époque, Mariano Rajoy, du Parti populaire conservateur, a activé un article constitutionnel qui a temporairement privé la Catalogne de son autonomie et dissous son parlement.

L’ancien président catalan Carles Puigdemont et plusieurs autres personnes ont fui l’Espagne pour échapper aux poursuites judiciaires.

Des milliers de personnes se rassemblent à Madrid contre la grâce accordée aux séparatistes catalans

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Madrid dimanche pour protester contre les grâces que le gouvernement espagnol s’apprête à accorder à 12 dirigeants séparatistes catalans qui purgent des peines  pour leur rôle dans un référendum d’indépendance non autorisé.

Subscribe to our newsletters

Subscribe