Ngozi Okonjo-Iweala devrait être nommée à la tête de l’OMC, au grand dam de l’administration Trump

La semaine prochaine, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait nommer l’ancienne ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de sa direction générale, malgré les stratégies de Donald Trump visant à l’en empêcher. EPA-EFE/MARTIAL TREZZINI

La semaine prochaine, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devrait nommer l’ancienne ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de sa direction générale, malgré les stratégies de Donald Trump visant à l’en empêcher.

Les membres de l’OMC devraient officiellement annoncer la désignation de Mme Okonjo-Iweala lors d’une réunion du Conseil général prévue le 9 novembre à Genève, date à laquelle les résultats des élections américaines devraient être connus.

La semaine dernière, le président du Conseil général de l’OMC David Walker a déclaré que la « troïka » de rapporteurs – mandaté pour aider l’organisation internationale à sélectionner le candidat adéquat – s’était exprimé en faveur de l’ancienne ministre nigériane des Finances, et ce après trois mois de consultation.

Toutefois, dans ce qui pourrait être l’un de ses derniers efforts stratégiques sur la scène internationale, l’administration Trump a bloqué la nomination de la candidate et continue de soutenir la ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung hee.

De son côté, Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne directrice générale de la Banque mondiale, bénéfice de l’aval de la Commission européenne ainsi que de la plupart des États membres. Elle deviendrait la première femme africaine à décrocher le plus haut poste de l’OMC.

Charles Michel, président du Conseil européen, a réitéré le soutien du bloc pour celle-ci lors d’une visioconférence avec le président du Nigeria Muhammudu Buhari la semaine dernière. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borell, lui, a maintenu que cet appui européen reflétait une volonté de rendre le soutien politique de l’UE à l’égard de l’Afrique « plus concret et visible ».

Dans un communiqué datant du 5 novembre, le président d’Afrique du Sud Cyril Ramaphosa, également à la tête de l’Union africaine (UA), a réaffirmé son « support sans faille » à Mme Okonjo-Iweala, ajoutant que « l’UA avait confiance dans le fait que rien n’empêchera l’OMC de prendre la bonne décision ».

Bien que la désignation du directeur général de l’organisation émane la plupart du temps d’un consensus entre les membres, Washington ne jouit pas d’un droit de veto officiel à cet effet. La dernière fois que les discussions entre les parties avaient tourné à l’échec, les deux candidats s’étaient partagé le mandat, chacun d’eux officiant pour deux ans.

Présidence de l’OMC : l'UE soutient la candidate nigériane Ngozi Okonjo-Iweala

L’Union européenne a décidé de soutenir la candidate nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne ministre des Finances et des Affaires étrangères de son pays, dans la course à la présidence de l’OMC. Un article d’Euractiv Italie.

Cependant, la deuxième vague de coronavirus a fait l’objet de discussions portant sur un possible report de la réunion organisée le 9 novembre.

Jeudi (5 novembre), à la suite de la publication de plusieurs articles locaux sur le retrait envisagé de la candidate sud-coréenne, le ministère des Affaires étrangères du pays a déclaré que « nous sommes en train de réexaminer le parcours futur de Yoo Myung hee et la position du gouvernement sur la question, mais aucune décision n’a été prise à ces sujets ».

Au cours de son mandat à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a été l’un des détracteurs les plus virulents à l’encontre de l’OMC. Son administration a d’ailleurs paralysé l’Organe d’appel de l’institution en s’opposant aux nominations de nouveaux juges ; le privant ainsi du quorum nécessaire pour garantir la bonne tenue des processus décisionnels.

D’après les analystes, si Joe Biden prenait la tête de la présidence américaine, son équipe œuvrerait rapidement pour renouer les relations avec les organisations internationales, notamment l’OMC, l’OMS et l’ONU.

Yoo Myung hee avait négocié le premier accord commercial de l’administration Trump en 2018. De plus, il semblerait que le Représentant des États-Unis pour le commerce Robert Lighthizer considère Mme Okonjo-Iweala comme « trop proche des internationalistes pro-commerce ».

Les propos tenus par M. Lighthizer la semaine dernière, selon lesquels le prochain dirigeant de l’OMC devrait avoir « une réelle expérience pratique dans le domaine », n’ont guère éclairé les motivations du pays, ces remarques étant perçues comme une critique voilée à l’égard de la candidate nigériane qui n’a encore jamais négocié d’accords internationaux.

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