Versatile, Trump clot le sommet en jugeant l’OTAN « beaucoup plus fort »

[Christian Bruna/EPA/EFE]

Le président américain Donald Trump a déclaré le 12 juillet qu’il était capable d’obtenir 33 à 40 milliards d’euros supplémentaires de la part de ses alliés. Et qu’il était ravi que l’OTAN devienne « beaucoup beaucoup plus forte » en deux jours.

Donald Trump s’est adressé à la presse peu de temps après que des sources ont rapporté qu’il menaçait de retirer les États-Unis de l’OTAN lors du sommet de deux jours de l’Alliance à Bruxelles.

Selon l’agence de presse allemande, DPA, Donald Trump a déclaré qu’à moins que les alliés n’augmentent immédiatement leur budget dédié à la défense à 2 % de leur PIB, les États-Unis « prendront leur propre chemin ». Reuters rapporte que Donald Trump n’a pas menacé de quitter l’Alliance, mais qu’il s’était montré extrêmement virulent envers ses alliés.

Une source présente dans la salle du sommet a confirmé qu’une telle menace n’avait pas été exprimée lors de la session de jeudi matin, mais qu’il n’était pas exclu que le président américain ait dit quelque chose de semblable durant le diner, en cercle plus restreint.

L’ambiance était néanmoins très tendue, soutient la source, Donald Trump répétant à l’envi que ses alliés devaient mettre davantage la main au portefeuille, puisque selon lui, ils ont besoin de l’OTAN plus que les États-Unis ont besoin de l’Alliance.

Il n’a cessé de faire la comparaison entre l’Allemagne, qui contribue à hauteur de 1,2 % de son PIB, et les États-Unis qui y dédient 4,2 %.

Les pays de l’OTAN ont un accord pour accroître les budgets à la défense à 2 % du PIB d’ici à 2024, mais Donald Trump souhaite que cette augmentation soit immédiate.

Ignorance

Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, lui ont expliqué qu’il n’était pas possible de mobiliser des fonds en dehors des budgets nationaux validés.

La source raconte que, à chaque fois que Donald Trump entendait un message qui ne lui plaisait pas, le président leur tournait le dos pour parler de manière ostensible avec sa délégation, ignorant ainsi son interlocuteur.

À un moment donné, Emmanuel Macron a interrompu son discours pendant près d’une minute, en attendant que Donald Trump veuille bien finir sa conversation privée et se reconcentrer sur la réunion.

L’Allemagne appelle à une réponse européenne face à Donald Trump

De passage à Paris, le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier a appelé à une réponse européenne solidaire dans le conflit commercial opposant l’Union européenne aux États-Unis.

 

Suite à la déclaration de Donald Trump, les 29 membres se sont réunis pour une réunion de crise et les représentants des pays partenaires comme l’Ukraine et la Géorgie ont été priés de quitter la salle.

Interrogé par la presse sur sa menace de quitter l’OTAN, Donald Trump a affirmé que cela pourrait se passer « si nécessaire », mais qu’il préférait se concentrer sur les résultats positifs pour l’OTAN grâce à son travail de pression.

« Je leur ai dit que je serais très mécontent s’ils n’augmentaient pas considérablement leurs engagements, car les États-Unis versent une somme énorme, surement 90 % du coût de l’OTAN », a-t-il soutenu.

Sur les montants mentionnés de 33 et 40 millions d’euros, Donald Trump a déclaré que le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, annoncerait les chiffres exacts, mais que l’essentiel était que les alliés de l’OTAN allaient débourser ces montants beaucoup plus rapidement que prévu.

À la fin du sommet, le secrétaire général a déclaré que le chiffre était 41 milliards d’euros et que ce montant était déjà inclus dans un document publié avant le sommet, concluant ainsi sur le fait qu’aucun argent supplémentaire ne serait engagé. Jens Stoltenberg a ajouté que la somme était importante, mais que « des fonds supplémentaires » étaient nécessaires.

Donald Trump a déclaré avoir insisté pour que les membres de l’OTAN rehaussent leurs dépenses en matière de défense à hauteur de 4 % de leur produit intérieur brut, tout en soulignant que cela se passerait « dans des années. »

Les tensions se multiplient au sommet de l’OTAN

Les dirigeants de l’OTAN tenteront d’atténuer les tensions pour le deuxième jour de sommet consacré à l’Afghanistan et l’Ukraine, alors que Donald Trump réclame à ses alliés un doublement de leur contribution à la défense.

Interrogé sur ce qu’il ferait si l’Allemagne et le Canada ne voulaient pas atteindre les 2 %, Donald Trump a assuré « ils le feront, ils le feront, je n’en ai aucun doute. »

Le président américain a déclaré que les États-Unis n’avaient pas été traités de manière équitable sous les mandats de ses prédécesseurs, mais que maintenant c’était le cas. Il a dit croire en l’OTAN, mais a ajouté que l’UE avait traité les États-Unis de manière très inégale sur le commerce.

Selon lui, les États-Unis finiront par recevoir le traitement qu’ils méritent sur le commerce, comme ce qu’il s’est passé avec l’OTAN, qui est devenu « une machine bien rodée, où les gens versent l’argent qu’ils n’ont jamais payé avant, et sont contents de le faire. »

Donald Trump estime que le mieux est que les alliés européens dépensent de l’argent en défense pour acheter des équipements militaires américains.

« Les États-Unis fabriquent, de loin, les meilleurs équipements militaires du monde, les meilleurs avions, les meilleurs fusils, tout est meilleur », a-t-il déclaré.

Sur sa critique de l’Allemagne, notamment sur le gazoduc Nord Stream 2 partant de Russie, il a souligné que Berlin avait considérablement relevé son engagement et qu’il avait une très bonne relation avec la chancelière allemande Angela Merkel, avant d’ajouter que le gazoduc ne devrait pas être un problème si les relations avec la Russie s’améliorent.

Trump critique Nord Stream 2 au sommet de l’OTAN

Le président américain Donald Trump s’en est pris à l’Allemagne pour son soutien au gazoduc Nord Stream 2, visant à acheminer plus de gaz russe vers l’Allemagne en passant sous la mer baltique.

« Et franchement, peut-être que tout le monde aura une bonne relation avec la Russie, et alors il y aura beaucoup moins de problèmes avec le gazoduc », espère Donald Trump.

Au sujet de sa prochaine rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Helsinki lundi prochain, il a déclaré qu’il ne le voyait pas comme un ennemi, mais comme un concurrent. Les alliés de l’OTAN « m’ont même remercié de rencontrer le président Poutine. Je suis impatient de cette rencontre. Ils m’ont souhaité le meilleur. »

Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il allait reconnaître l’annexion de la Crimée par la Russie, il a répondu « c’est une question intéressante ». Il a ajouté que l’annexion avait eu lieu sous le mandat de son prédécesseur Barack Obama et qu’il ne permettrait pas qu’une telle chose se passe sous sa direction.

Donald Trump a déclaré que le « niveau de volonté » dans la salle du sommet était « incroyable », ce qui ne correspond pas exactement aux autres avis. Le président bulgare, Rumen Radev, a qualifié l’ambiance de « pas des plus agréables ».

 

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