La Turquie accueille 15 % des réfugiés dans le monde, selon un rapport de l’ONU

Au sein de l’UE, c’est l’Allemagne qui a accueilli le plus de réfugiés (1,2 million) en 2020, comme le souligne le rapport annuel Tendances mondiales du HCR. En Europe, le nombre de réfugiés accueilli a augmenté de 3 % et 284 900 se sont vu octroyer la protection internationale - 83 700 en Allemagne et 46 500 en Espagne. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

En 2020, pour la septième année consécutive, la Turquie accueillait la plus importante population de réfugiés au monde (3,7 millions), soit 15 % de l’ensemble des personnes déplacées dans le monde. Telles sont les conclusions d’un nouveau rapport du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié vendredi (18 juin).

Au sein de l’UE, c’est l’Allemagne qui a accueilli le plus de réfugiés (1,2 million) en 2020, comme le souligne le rapport annuel Tendances mondiales du HCR. En Europe, le nombre de réfugiés accueilli a augmenté de 3 % et 284 900 se sont vu octroyer la protection internationale – 83 700 en Allemagne et 46 500 en Espagne.

« Les solutions nécessitent que les dirigeants à travers le monde entier et les personnes d’influence laissent de côté leurs différences, mettent fin à une approche égoïste de la politique et se concentrent plutôt sur la prévention et le règlement des conflits, ainsi que le respect des droits humains », a déclaré Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

Parmi les réfugiés présents en Europe, 38 % seraient âgés de moins de 18 ans.

Réfugiés : l’incohérence française

L’incendie du plus grand camp de réfugiés de Grèce le 9 septembre dernier a de nouveau mis sur le devant de la scène le manque criant de solidarité des états membres de l’Union européenne. Mais qu’en est-il de cette solidarité en France ?

La Turquie a accueilli le plus de réfugiés depuis 2014 à la suite de la guerre civile en Syrie. En 2016, l’UE a noué un accord à 6 milliards d’euros avec Ankara pour financer l’accueil et l’accompagnement des réfugiés sur le sol turc. Une tentative visant à atténuer la pression exercée sur la Grèce et les autres États membres en première ligne.

Malgré la pandémie, le nombre de personnes fuyant les guerres, la violence, la persécution et les violations des droits de l’homme a atteint presque 82,4 millions de personnes en 2020.

Le contrôle de l’immigration et des demandes l’asile demeurent dominant au sein du navire européen. En mai, le Danemark a d’ailleurs adopté une loi inédite permettant à son gouvernement d’envoyer les demandeurs d’asile vers un pays tiers afin de traiter leur demande, et ce malgré le fait que l’UE interdise l’« externalisation » du droit d’asile.

La loi danoise, condamnée par l’UE et le HCR, prévoit vraisemblablement que le Rwanda devienne responsable des demandes.

De son côté, la Hongrie a promis d’imposer son veto à la conclusion d’un nouvel accord entre l’UE et le Groupe ACP, arguant qu’il n’envisage pas de garanties suffisantes pour contrôler les flux migratoires.

Entretemps, les ministres européens de l’Intérieur restent dans l’impasse face à la possibilité de réviser les règles du bloc sur l’immigration et l’asile. La proposition majeure figurant dans le nouveau pacte sur la migration et l’asile présenté par la Commission européenne en septembre dernier nécessiterait des États membres qu’ils acceptent les demandeurs d’asile  ; prennent en charge ceux dont les demandes sont refusées ou offrent une aide financière aux nations de l’UE en première ligne.

Le pacte entend aussi renforcer le rôle de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Plus de 500 personnes sont décédées en tentant de traverser la mer Méditerranée depuis le début de l’année.

Les chefs d’État et de gouvernement du bloc aborderont la politique migratoire lors du prochain sommet européen prévu les 24 et 25 juin à Bruxelles.

Intégration des réfugiés : "Nous y arriverons" – mais pas seul

Il y a exactement cinq ans, jour pour jour, la Chancelière Angela Merkel prononça une phrase qui scellera à jamais ses 16 années au pouvoir : « Nous y arriverons » (« Wir schaffen das »). Devenue le symbole d’un message d’optimisme et d’ouverture à l’égard des réfugiés, quelle conclusion peut-on en tiré aujourd’hui ?

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