L’Ukraine allume des contre-feux face à la propagande russe

La Rada, le parlement ukrainien. [@ChrisPrice/Flickr]

Les chaines de télé doivent désormais diffuser les trois quarts de leurs programmes en ukrainien. Une mesure qui intervient après le blocage de certains sites Internet.

Le parlement ukrainien a fait monter d’un cran sa guerre culturelle contre la Russie le 22 mai, en approuvant des quotas de russe à la télévision. Une mesure qui limite de facto l’utilisation de la langue russe : les grandes chaines télé devront désormais diffuser les trois quarts de leurs programmes en ukrainien.

La mesure a été adoptée une semaine après que l’Ukraine a bloqué les réseaux sociaux russes les plus populaires, ainsi qu’un moteur de recherche, afin d’empêcher la propagande du Kremlin d’atteindre l’ancienne république soviétique.

Moscou se mobilise pour intensifier la guerre de l’information 

Le ministère de la défense russe a créé une division spécialisée dans la propagande et la guerre électronique.  Un combat doté de 300 millions d’euros et de 1000 personnes. Un effort tout particulier est fait sur la présidentielle française.

La Rada, le parlement ukrainien, a adopté une loi sur des quotas à la télévision grâce à une majorité écrasante. Au total, 269 députés ont voté pour et 15 contre.

« Une fois de plus, la Rada a démontré qu’elle était une rada ukrainienne, qui élimine les restes d’un impérialisme soviétique passé », a déclaré le président du parlement, Andriy Parubiy après le vote.

La plupart des Ukrainiens parlent le russe et l’ukrainien, mais le russe est plus utilisé à l’est et l’ukrainien préféré à l’ouest.

Les défenseurs de la liberté d’expression et les utilisateurs ukrainiens ont fortement reproché à Kiev d’interdire l’équivalent russe de Facebook et d’autres sites et services Internet.

Pour les nationalistes et les responsables politiques, il s’agit là de la réponse appropriée à la campagne d’information que la Russie mène en plus de son offensive sur le terrain via son appui aux forces séparatistes de l’est de l’Ukraine.

Le conflit, qui dure déjà depuis trois ans, a fait plus de 10 000 victimes et à transformé Moscou et Kiev en ennemis jurés.

Kiev rallonge de plus en plus sa liste de produits russes interdits et a interdit l’entrée sur le territoire aux Russes soutenant l’annexion de la Crimée de mars 2014 ou l’indépendance auto-proclamée des régions séparatistes.

De nombreuses séries télé et films russes ont déjà été interdits sur le petit et le grand écran. Le gouvernement ukrainien a également bloqué l’importation et la vente de certains livres.

Viktoriya Syumar, responsable de la commission parlementaire sur la liberté d’expression et la politique d’information a déclaré que la loi qu’elle avait co-écrite était tout à fait conforme aux normes européennes existantes. « De telles lois existent dans un certain nombre de pays européens », a-t-elle déclaré.

« Le totalitarisme n’existait que quand l’ukrainien était interdit d’usage sur notre territoire », a-t-elle ajouté, faisant référence à la pratique soviétique qui obligeait les autres républiques à parler le russe.

« La loi s’appliquera à l’Ukraine, à la culture ukrainienne et aux acteurs, réalisateurs et chanteurs ukrainiens et à toute personne respectant son pays. »

La loi autorise les chaines locales à programmer la moitié de leur contenu en ukrainien. Le Président Petro Porochenko devrait ratifier la loi puisque son groupe parlementaire a soutenu le projet.

La loi risque de déclencher l’ire de la Russie qui accuse depuis longtemps Kiev de persécuter les russophones.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.