Ukraine : la ministre allemande des Affaires étrangères demande que les criminels de guerre soient poursuivis

« Nous devons à ces victimes non seulement de les commémorer ici, mais aussi de traduire les auteurs en justice et de leur demander des comptes. Et c’est ce que nous ferons en tant que communauté internationale », a affirmé Annalena Baerbock. [CLEMENS BILAN/EPA]

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, s’est rendue à Kiev mardi (10 mai) en qualité de Première ministre du cabinet de Olaf Scholz, où elle a exigé que les « crimes de guerre et les crimes contre l’humanité » commis par les troupes russes en Ukraine fassent l’objet d’une enquête.

Mme Baerbock s’est rendue à Boutcha aux côtés de la procureure générale ukrainienne Iryna Wenediktova pour constater de ses propres yeux les atrocités auxquelles les troupes russes se seraient livrées dans la banlieue de Kiev.

« Je suis ici aujourd’hui avec la procureure générale qui enquête conjointement sur ces crimes pour son pays, en recueillant des preuves », a déclaré Mme Baerbock devant les journalistes.

Elle a promis le soutien de l’Allemagne et de la communauté internationale pour enquêter sur les crimes contre l’humanité commis dans le pays, car il serait important de « recueillir des preuves pour s’assurer que les auteurs soient tenus responsables » de leurs actes.

« Nous devons à ces victimes non seulement de les commémorer ici, mais aussi de traduire les auteurs en justice et de leur demander des comptes. Et c’est ce que nous ferons en tant que communauté internationale », a affirmé Mme Baerbock. « C’est la promesse que nous pouvons et devons faire ici à Boutcha », a-t-elle poursuivi.

Jusqu’à présent, aucun autre membre du gouvernement allemand ne s’est rendu en Ukraine. Toutefois, le chef de l’opposition du parti conservateur CDU, Friedrich Merz, a fait une apparition à Kiev la semaine dernière, suivie d’une visite d’État de la présidente social-démocrate du Bundestag, Bärbel Bas, qui s’est rendu dimanche pour commémorer les victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit déjà de la deuxième visite de Mme Baerbock, qui s’était déjà rendue sur place début février, avant le début de la guerre.

Plus tard dans la journée, Mme Baerbock rencontrera également son homologue ukrainien, Dmitro Kuleba, avec qui elle discutera probablement du soutien allemand à l’Ukraine, des livraisons d’armes et de la question de l’adhésion à l’UE.

L’Allemagne a jusqu’à présent été considérée comme hésitante quant à une procédure d’adhésion accélérée pour l’Ukraine. Toutefois, Mme Bas a déjà demandé que la procédure soit accélérée « afin qu’une perspective puisse être donnée ».

« C’est très, très important pour l’Ukraine : qu’ils obtiennent une feuille de route, un calendrier », a indiqué Mme Bas au radiodiffuseur public ZDF lundi, à l’issue de sa visite en Ukraine.

Le chancelier allemand Olaf Scholz ne s’est pas encore rendu en Ukraine lui-même. Après que les autorités ukrainiennes ont déclaré en avril que le président allemand Frank-Walter Steinmeier n’était pas le bienvenu en raison de ses liens présumés avec le Kremlin, M. Scholz a déclaré que la désinvitation de M. Steinmeier ferait obstacle à sa propre visite.

Cependant, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est récemment réconcilié avec M. Steinmeier au cours d’un appel téléphonique et l’a officiellement invité, ainsi que M. Scholz, à se rendre en Ukraine. Toutefois, M. Scholz n’a pas encore réagi à cette invitation.

Parallèlement, l’opinion publique allemande est divisée sur la question. Selon un sondage du Spiegel, 49 % des Allemands estiment que M. Scholz devrait se rendre en Ukraine en signe de solidarité. Toutefois, il existe un net clivage entre l’Est et l’Ouest en ce qui concerne le soutien de l’opinion publique à sa visite, puisque seuls 35 % des habitants de l’ancienne Allemagne de l’Est seraient favorables à une telle décision.

Volodymyr Zelensky met fin au différend diplomatique avec l’Allemagne

Après que les autorités ukrainiennes ont déclaré que le président allemand n’était pas le bienvenu en Ukraine en raison de ses liens présumés avec la Russie, le président ukrainien s’est réconcilié l’intéressé et l’a invité à Kiev avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

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