Ukraine : Paris déplore la publication de notes confidentielles par Moscou

Paris et Moscou se renvoient la responsabilité de la non-tenue d'une réunion de leurs ministres des Affaires étrangères (ici le ministre français Jean-Yves Le Drian) le 11 novembre dernier. [Olivier Hoslet/epa]

La France a déploré jeudi (18 novembre) la publication par la Russie d’échanges diplomatiques entre Paris, Berlin et Moscou sur le conflit ukrainien alors que les tensions s’accumulent de nouveau sur ce front.

« Nous considérons cette démarche comme contraire aux règles et usages diplomatiques », a déclaré la porte-parole de la diplomatie française, Anne-Claire Legendre.

Paris et Moscou se renvoient la responsabilité de la non-tenue d’une réunion de leurs ministres des Affaires étrangères, ainsi que de leurs homologues allemand et ukrainien (format dit de « Normandie »), programmée le 11 novembre pour tenter d’avancer dans le règlement du conflit du Donbass.

« L’Allemagne et la France travaillent depuis des mois à la poursuite des négociations et la mise en oeuvre d’un agenda concret pour la paix », a assuré la porte-parole du Quai d’Orsay. « La Russie a refusé de participer à une telle réunion », a-t-elle martelé.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a expliqué jeudi soir avoir publié cette correspondance pour montrer sa bonne foi.

La semaine dernière, il avait affirmé que Berlin et Paris n’avaient pas répondu à ses « propositions substantielles » sur le règlement du conflit et qu’il ne voyait donc pas de raison, dans de telles conditions, d’organiser une réunion le 11 novembre à Paris.

Selon la correspondance publiée, Sergueï Lavrov avait proposé le 29 octobre un projet de déclaration finale pour cette réunion, constatant l’absence de progrès dans le règlement du « conflit intérieur ukrainien » et appelant à un « dialogue direct » entre Kiev et les régions séparatistes.

Ses homologues français Jean-Yves Le Drian et allemand Heiko Maas lui avaient alors fait part, dans une réponse commune, de leurs « désaccords » sur cette notion de « conflit intérieur » et sur le rôle de « facilitateur » revendiqué par la Russie, au côté de l’OSCE, entre les belligérants.

L’Ukraine est, depuis 2014, en guerre contre des séparatistes prorusses dans l’Est du pays, soutenus par la Russie selon Kiev et les Occidentaux. Ce conflit a fait plus de 13000 morts.

L’OTAN, Washington, Paris et Berlin ont dénoncé ces derniers jours un renforcement de troupes russes aux frontières orientales de l’Ukraine et mis en garde contre toute nouvelle atteinte à l’intégrité territoriale de ce pays, après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Les accords de paix de Minsk, conclus en 2015 sous les auspices de Paris et Berlin, tardent à être mis en oeuvre, chaque camp se rejetant la responsabilité de cet échec.

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