Un centenaire de l’armistice entre patriotisme et sentiment pro-européen

Macron, Merkel, Poutine et Trudeau lors du Forum pour la Paix le 11 novembre à Paris EPA-EFE/YOAN VALAT/POOL

À Paris le 11 novembre, comme aux Eparges, lieu d’une bataille sanglante entre Français et Allemands, ou encore à Verdun avec les lycéens…L’avenir de l’Europe et les élections européennes ont constitué la toile de l’itinérance mémorielle d’Emmanuel Macron.

De Strasbourg à la tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe à Paris, le chef de l’État français a traversé deux régions françaises et une quinzaine de départements pour le centième anniversaire de l’Armistice de novembre 1918.

Rien de mieux que le souvenir des déchirures de la Première Guerre mondiale pour relancer le multilatéralisme, et le sentiment européen. « Cela s’appelle, sur notre continent, l’amitié forgée entre l’Allemagne et la France et cette volonté de bâtir un socle d’ambitions communes. Cela s’appelle l’Union européenne, une union librement consentie, jamais vue dans l’Histoire, et nous délivrant de nos guerres civiles. Cela s’appelle l’Organisation des Nations unies, garante d’un esprit de coopération pour défendre les biens communs d’un monde dont le destin est indissolublement lié et qui a tiré les leçons des échecs douloureux de la Société des Nations comme du Traité de Versailles », a-t-il déclaré devant ses pairs dimanche 11 novembre, à l’Arc de Triomphe.

Alors que les États-Unis n’ont de cesse de démolir les structures de multilatéralisme existantes, de l’ONU, à l’OMC en passant par les des négociations climatiques, de nombreux dirigeants les ont au contraire salué.

« Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question », a déclaré Angela Merkel lors l’ouverture du premier Forum sur la Paix, organisé après la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale en présence de plus de 70 chefs d’État et de gouvernement.

 

Durant les jours précédant le 11 novembre, le chef de l’État français avait tout le long de la semaine tenté de réconcilier patriotisme et  construction européenne, avec la perspective des élections européennes en toile de fond.

Il avait ainsi évoqué parlé le passé douloureux, mais aussi de l’avenir, de la renaissance économique, dans ces territoires où les crises successives au cours des dernières décennies ont installé confortablement le vote en faveur du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen. Multipliant les interventions médiatiques tout au long de la semaine, il n’avait eu de cesse de mettre en garde contre le retour des nationalismes lors des prochaines élections. « Je refuse l’alternative entre les nationalistes été les tenants d’une Europe ouverte à tous vents », déclarait Emmanuel Macron en clôture d’un forum économique à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

Une nouvelle Europe… en marche ?

Le président français milite pour une nouvelle Europe, qui, à ses yeux, pourrait constituer une réponse aux inquiétudes des populations qui se réfugient dans les votes populistes. « Nous avons besoin de ne pas faire bégayer l’Histoire et d’avoir une Europe qui protège, qui protège les travailleurs », a-t-il souligné mardi 6 novembre sur Europe1.

De son côté, le parti qu’il a fondé, La République En Marche (LREM) se met en mouvement pour les élections européennes. Stéphane Séjourné, conseiller politique d’Emmanuel Macron, quittera début décembre l’Elysée pour devenir le directeur de campagne du mouvement et sans doute figurer sur la liste. Il n’est pas le seul conseiller du pouvoir à s’imaginer un destin de parlementaire européen. Gilles Boyer, conseiller du Premier ministre français Edouard Philippe (et battu aux législatives de juin 2017) et Clément Beaune, conseiller Europe d’Emmanuel Macron, vont aussi figurer sur la liste LREM. La composition de cette liste sera connue au mois de janvier 2019, ainsi que celui ou celle qui la guidera. LREM entend s’allier au groupe des libéraux ALDE pour fonder un axe central. « Je veux être parfaitement claire avec vous : l’Alde est le noyau avec lequel En Marche! veut construire cette coalition », a déclaré Astrid Panosyan, déléguée à l’action internationale de LREM, devant le congrès de l’Alde à Madrid. Elle devrait elle-aussi faire partie de la future liste des candidats à siéger à Strasbourg.

Pour l’instant, dans les sondages, LREM est au coude-à-coude avec le RN. Mais la campagne ne fait que commencer.

La République en marche à jeu égal avec le FN dans les sondages

Selon un sondage Ifop, l’extrême-droite rassemblerait autant de voix que le parti d’Emmanuel Macron pour les élections européennes. La candidature éventuelle de Ségolène Royal pourrait faire bouger les lignes.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.