Un diplomate polonais à la tête du Fonds européen pour la démocratie

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Catherine Ashton, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a discuté hier (9 janvier) de la vision stratégique et du mandat du Fonds européen pour la démocratie (FED), une nouvelle initiative destinée à promouvoir la démocratie dans les pays voisins de l’UE. Elle a nommé un diplomate polonais au poste de directeur général de ce Fonds.

 

Près de deux ans après que l'idée de la création d'un Fonds européen pour la démocratie a fait surface (voir « Contexte »), cette nouvelle initiative commence à prendre forme. Elle s'inspire en grande partie du National Endowment for Democracy financé par les États-Unis.

 

Le Conseil des gouverneurs du FED s'est réuni à Bruxelles. Il est coprésidé par Catherine Ashton et Elmar Brok, eurodéputé allemand (Parti populaire européen) et président de la commission des affaires étrangères du Parlement. Štefan Füle, le commissaire en charge de l'élargissement et de la politique de voisinage, y a également participé.

 

Le conseil a discuté de la vision stratégique et du mandat du FED. Il a nommé Jerzy Pomianowski, le secrétaire d'État adjoint polonais aux affaires étrangères, au poste de directeur général, peut-on lire dans un communiqué. M. Pomianowski est également président de la fédération polonaise Aikido.

 

Le mandat du FED comprend le soutien aux partis politiques, aux ONG non enregistrées, aux syndicats et autres organisations sociales principalement dans les pays du Partenariat oriental (l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine).

 

En novembre 2012, le programme a reçu un financement modeste de 6 millions d'euros. Cette somme couvre seulement les coûts administratifs alors que les activités devraient être financées par les États membres ou d'autres donateurs, comme des fondations. Plusieurs États membres ainsi que la Suisse, représentée au sein du conseil, auraient dégagé jusqu'à 8 millions d'euros pour les activités du FED.

 

EURACTIV a cru comprendre qu'actuellement, le programme lutte pour garantir le financement de ses activités. Selon des sources, le programme utiliserait des fonds des États membres plutôt que des fonds de l'UE, car les procédures bureaucratiques des financements nationaux sont moins lourdes et plus appropriées pour subventionner des organisations de la société civile et des fondations dans des pays autoritaires comme le Belarus.

 

Le FED a également s’est attiré l'hostilité des cercles du gouvernement en Ukraine qui estiment que le Fonds « provoque des troubles » et « affaiblit » le pays.

 

>> Lire : Le gouvernement ukrainien divisé sur les subventions européennes pour la démocratie

 

Catherine Ashton a déclaré que le Fonds arrivait en temps utiles, car 2013 sera une année cruciale pour les transitions démocratiques, surtout dans les pays voisins de l'UE.

 

« Le Fonds européen pour la démocratie peut jouer un rôle très important. En travaillant directement avec les acteurs de terrain qui luttent pour la démocratie; en offrant des procédures flexibles, non bureaucratiques et spécialisées, conçues sur mesure pour les besoins et les demandes sur le terrain », a-t-elle déclaré.

 

M. Füle a indiqué que l'UE envoyait un message clair de solidarité aux populations des pays voisins. Il leur a assuré que leurs aspirations démocratiques et leur lutte pour les droits de l'Homme seraient entendus et soutenus par l'UE.

 

« L'Union européenne peut également faire part de son expérience et de son savoir-faire afin de les aider à aborder les défis de la transition de l'autoritarisme vers la démocratie », a-t-il expliqué.

 

Le 13 novembre 2012, le conseil du FED a tenu sa première réunion à Bruxelles. Neuf eurodéputés sont membres du conseil et M. Brok en est le président. Basé à Bruxelles, le FED devrait être opérationnel dans le courant du premier semestre de 2013.

 

Roman Rukomeda, un expert politique ukrainien indépendant, a déclaré :

 

« La création du Fonds européen pour la démocratie (FED) et la nomination d'un diplomate polonais au poste de directeur général semble être une bonne nouvelle pour l'Ukraine. L'UE et l'Ukraine ont tout d’abord été dotées d’un nouvel instrument de développement de relations bilatérales. Elles se sont rapprochées de la signature et de la ratification d'un accord d'association.

 

Ensuite, les Polonais défendent généralement les intérêts des Ukrainiens en Europe. Il y aura donc un certain crédit de confiance dès la mise sur pied du FED. En outre, la nouvelle structure survient à un moment de vérité dans les relations entre l'UE et l'Ukraine. On peut donc espérer qu'elle permette d'élaborer un programme commun et efficace entre Kiev et Bruxelles en 2013 et au-delà. Enfin, beaucoup y voient l’espoir d’une promotion renforcée de la démocratie en Ukraine et de la mise en place de nouvelles initiatives dans la sphère de la démocratie électronique ainsi que du développement de la société civile. »

 

Le 25 mai 2011, la Commission européenne a dévoilé une nouvelle politique de voisinage qui propose de réorganiser les relations de l'UE avec les pays situés à ses frontières orientales et méridionales.

 

Ce document de 20 pages, intitulé « Une stratégie nouvelle à l'égard d'un voisinage en mutation », reflète largement les idées développées par le commissaire Štefan Füle lors d'un entretien accordé à EURACTIV en avril 2012.

 

Sur le plan financier, la Commission a expliqué qu'en dépit de la crise économique, des financements supplémentaires à hauteur de 1,24 milliard d'euros seraient transférés à partir des ressources existantes et mises à disposition afin de soutenir une politique de voisinage, en plus des 5,7 milliards d'euros déjà alloués pour 2011-2013.

 

Les relations plus étroites constituent la nouveauté principale de la stratégie. Des liens devraient être établis avec des organisations non gouvernementales afin de créer des partenariats avec la société civile. Concrètement, l'UE se déclare disposée à rendre son soutien encore plus accessible aux groupes représentatifs grâce à un mécanisme en faveur de la société civile.

 

Ce document propose également la création d'un Fonds européen pour la démocratie afin de soutenir les partis politiques, les ONG non enregistrées, les syndicats et d'autres partenaires sociaux. L'appellation semble s'inspirer du National Endowment for Democracy, une société sans but lucratif financée par le Congrès américain qui a aidé les sociétés civiles de l'Europe de l'Est avant et après la chute du mur de Berlin.

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