Un Franco-allemand à la tête du commerce extérieur

Matthias Fekl remplace Thomas Thévenoud (Credit: Flickr)

Candidat malheureux au poste de secrétaire d’État aux Affaires européennes lors du remaniement de mars dernier, le député Matthias Fekle a cette fois récupéré le portefeuille du Commerce extérieur.

Il aura fallu un nouveau scandale au sein du gouvernement pour que Matthias Fekl entre au gouvernement. Le 9 septembre, Manuel Valls l’a en effet nommé à la tête du secrétariat d’État pour le Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger. A 36 ans, il fait partie des plus jeunes ministres du gouvernement Valls II.

Matthias Fekl est né en 1977 (le même jour que sa collègue Najat Vallaud-Belcacem) à Francfort-sur-le-Main (ouest de l’Allemagne) d’un père allemand et d’une mère française. Il a grandi à Berlin où il a effectué une partie de sa scolarité. Une fois le baccalauréat en poche, il étudie au lycée Henri IV puis à l’École normale supérieure, science po et même l’ENA. Il s’est ainsi construit une voie royale pour parvenir aux plus hautes fonctions de l’État.

Du tribunal administratif aux bancs de l’Assemblée

Entre 2005 et 2010, il est magistrat au tribunal administratif de Paris puis travaille auprès de Jean-Pierre Bel au Sénat pendant deux ans.

Il est membre du parti socialiste depuis 2001. En 2012, il devient premier secrétaire fédéral du PS de Lot-et-Garonne, le département qu’il représente à l’Assemblée nationale depuis juin de la même année.

D’après Pascal Perrineau, chercheur au Centre de recherches politiques de Science Po à Paris, le nouveau secrétaire d’État est « quelqu’un qui a de réelles compétences. En tant que jeune parlementaire, il a montré qu’il connaissait bien ses dossiers ».

Il a également cumulé les fonctions d’adjoint au maire de Marmande entre 2008 et 2012 et vice-président de la Région Aquitaine de 2010 à 2012.

Les affaires européennes lui passent sous le nez

Lors du remaniement d’avril dernier, Matthias Fekl avait déjà fait parler de lui. Il avait en effet été pressenti pour le poste de secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. Mais l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir lui était passé devant au dernier moment.

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Pourtant, sa double nationalité aurait fait de lui le candidat idéal pour le poste au vu de sa connaissance du fonctionnement des deux États.

Cependant pour Pascal Perrineau, la présence de Matthias Fekl au gouvernement ne devrait cependant pas avoir de conséquence sur les relations entre Paris et Berlin. « Ce sont davantage des problèmes de fonds au-delà des personnalités. L’Allemagne considère que la France n’a pas fait les efforts suffisants pour rentrer dans les critères de Maastricht. Elle veut des actes de la part du gouvernement français », explique que l’universitaire.

Parachuté au Commerce extérieur

Sa nomination au sein du gouvernement, il la doit à Thomas Thévenoud. En effet, ce dernier a donné sa démission au président de la République le 4 septembre dernier pour des « raisons personnelles » selon l’Élysée. L’ancien membre du parti socialiste n’aurait pas déclaré ses impôts depuis trois ans. Thomas Thévenoud n’est resté que neuf jours au gouvernement.

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Matthias Fekl hérite ainsi des portefeuilles du tourisme et des Français de l’étranger en plus du volet commercial du quai d’Orsay. Un rôle qui lui va bien si l’on en croit Pascal Perrineau. « Ce n’est pas choquant de voir un ministre avec une double nationalité s’occuper du commerce extérieur, d’autant plus qu’il a la nationalité du premier partenaire commercial de la France ».

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Le dernier remaniement a eu lieu dans la foulée des élections municipales de mars 2014, au cours desquelles le Parti socialiste avait subi une véritable défaite. Le Président François hollande avait alors choisi le ministre de l’Intérieur,  Manuel Valls, pour succéder à Jean-Marc Ayrault.

Le premier gouvernement Valls, que le Président Hollande avait qualifié des « gouvernement de combat »,  n’aura duré que 5 mois.

L'aile gauche du Parti socialiste est en effet restée très critique sur la politique économique du gouvernement français depuis le printemps dernier. Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a de son côté pris l'habitude de régulièrement fustiger les politiques européennes, qu'il s'agisse de la politique de la concurrence ou de politique monétaire.

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