Une faction d’extrême-droite « tire les ficelles » du gouvernement grec, selon un député européen

La présidente grecque, Katerina Sakellaropoulou, le 7 juin 2021. [Truba7113/Shutterstock]

La présidente grecque, Katerina Sakellaropoulou, et le ministère des Affaires étrangères se rejettent la responsabilité de l’annulation de dernière minute d’un prix qui devait être décerné à un travailleur humanitaire qui a sauvé des migrants de la mer. Le député européen de gauche, Stelios Kouloglou, affirme qu’une faction d’extrême droite du gouvernement est à l’origine de cette décision.

Iasonas Apostolopoulos, dont le travail humanitaire a été reconnu dans le monde entier, a été retiré de la liste des prix pour lesquels il avait été initialement recommandé. Le prix devait être remis lors d’un événement marquant l’anniversaire de la restauration de la démocratie grecque.

Des rapports de presse grecs citent des sources des deux parties qui se sont rejetées mutuellement la responsabilité de la décision d’annuler le prix humanitaire.

Signe des tensions, le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, n’a pas assisté à la cérémonie.

Une source proche du dossier a déclaré à EURACTIV que la nuit précédant la cérémonie, Mme Sakellaropoulou a appelé le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis et tous deux ont décidé qu’il serait préférable de retirer M. Apostolopoulos de la liste.

« C’était un choix fait par la présidente. M. Apostolopoulos a été contacté par la présidence qui lui a dit que le président suivait de près son travail et d’autres commentaires flatteurs », a déclaré la source.

Selon M. Kouloglou, la présidente grecque a craint les réactions d’une faction d’extrême droite au sein du gouvernement et a retiré son choix.

« Cela prouve une fois de plus que derrière le visage libéral de M. Mitsotakis, c’est l’extrême droite nationaliste qui tire les ficelles. C’est pourquoi le gouvernement retarde la ratification des accords avec la Macédoine du Nord, comme le prévoit l’accord de Prespa », a déclaré M. Kouloglou.

Certains législateurs de centre-droit du parti au pouvoir, Nouvelle démocratie (PPE), ont salué sur les médias sociaux la décision de ne pas récompenser le sauveteur en mer qui, selon eux, a été « un critique agressif de la politique de défense des frontières de la Grèce. »

On prête à M. Dendias beaucoup d’ambition et aurait tendance à s’opposer aux voix d’extrême droite au sein du gouvernement.

Un autre cas où M. Dendias a gardé ses distances avec les voix d’extrême droite est une déclaration conjointe Grèce–États-Unis publiée sur le site Web du ministère grec des Affaires étrangères en septembre 2020, qui faisait initialement référence à un accord « historique » de Prespa.

Cependant, quelques heures plus tard, le mot « historique » a disparu de la déclaration conjointe et personne n’a fourni d’explication à ce changement.

Les refoulements de migrants font partie "de facto" de la politique grecque (Amnesty)

Le gouvernement grec a toujours démenti de telles allégations.

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