Pour Josep Borrell, l’UE doit agir rapidement au Mozambique

« Nous envisageons de lancer une mission militaire de formation, comme celles que nous avons déjà établies dans plusieurs pays africains », a fait savoir le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (HR/VP) Josep Borrell à la suite d’une réunion des ministres européens de la Défense à Bruxelles jeudi (6 mai). [EPA-EFE/ARIS OIKONOMOU]

L’UE doit agir rapidement pour renforcer son soutien au Mozambique dans sa bataille contre les attaques perpétrées par des insurgés islamistes, et ce en y envoyant une mission européenne militaire de formation, a déclaré Josep Borrell jeudi (6 mai).

« Nous envisageons de lancer une mission militaire de formation, comme celles que nous avons déjà établies dans plusieurs pays africains », a fait savoir le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (HR/VP) Josep Borrell à la suite d’une réunion des ministres européens de la Défense à Bruxelles jeudi (6 mai).

« Nous devons répondre rapidement à la demande du Mozambique. Les procédures sont assez lourdes et nous devons les accélérer », a-t-il déclaré.

De fait, le lancement d’une telle mission pourrait prendre plusieurs mois, ont indiqué les représentants de l’UE. Entretemps, les ministres n’ont pas encore marqué une quelconque approbation à ce sujet.

La province de Cabo Delgado, au nord du pays, est certes la cible d’attaques depuis plusieurs années, mais elle n’a focalisé l’attention de la scène internationale qu’en mars, lorsque Palma est devenue le théâtre d’une insurrection djihadiste. Pour rappel, la ville se situe à quelques encablures du site du géant français Total, un mégaprojet gazier à plusieurs milliards de dollars.

Depuis, Total a déclaré un événement de force majeure au Mozambique et annoncé le retrait du personnel travaillant sur son projet de gaz naturel liquéfié (GNL). Les présidents Filipe Nyusi et Emmanuel Macron se rencontreront le 18 mai pour aborder, entre autres, la sécurité et la logistique.

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De son côté, la présidence tournante portugaise invite l’UE à soutenir le gouvernement mozambicain.

« Le Portugal a déjà mis à disposition la moitié des effectifs et envoyé des instructeurs militaires à l’avance. Ce point devra être intégré dans [le lancement] de la mission militaire de formation, si tant est que nous parvenions enfin à trouver un accord », a soutenu le chef de la diplomatie européenne.

Fin 2020, l’ancienne colonie portugaise avait formulé une requête auprès de l’UE afin d’obtenir son soutien militaire.

Parallèlement à sa demande, le président mozambicain a suscité la frustration de ses voisins au sein de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), en refusant à plusieurs reprises leurs offres de force miliaire conjointe. Ceux-ci craignent également des attaques éventuelles sur leur territoire.

En avril, une mission d’évaluation de la SADC révélait que les services de sécurité mozambicains nécessitaient un soutien immédiat « afin de contrer la menace terroriste et les dangers de violences extrémistes à Cabo Delgado ». À cet égard, le document prévoyait de créer une force militaire régionale de 3 000 effectifs ayant comme objectif de former les soldats mozambicains et d’effectuer des interventions. La proposition offrait également des équipements militaires, notamment des sous-marins, avions de surveillance et drones.

Il semblerait que la SADC souhaite que l’UE et les États-Unis assurent le financement de la mission.

Cependant, Filipe Nyusi serait récalcitrant à l’idée que l’Armée nationale zimbabwéenne occupe un rôle de leader au sein de ladite force. Dans ce contexte, il a déclaré un report indéterminé du sommet de sécurité de la SADC, initialement prévu la semaine dernière, à la suite de l’accord par les ministres des Affaires étrangères du bloc régional des propositions formulées par la mission d’évaluation.

Le ministre botswanais des Affaires internationales, Lemogang Kwape, qui préside la commission politique, défense et coopération en matière de sécurité à la SADC a noté que la création d’une force régionale s’inscrivait dans le cadre de la clause d’« autodéfense collective et d’action collective » figurant dans le pacte de défense conclu par le bloc en 2008.

Jusqu’à présent, le président mozambicain a fait appel à des sociétés militaires privées russes et africaines pour contrer les insurgés avec les forces locales, mais sans succès.

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