Selon un rapport américain, la volonté politique permettra d’assurer des élections démocratiques en Géorgie

Un bureau de vote lors du second tour des élections présidentielles à Tbilissi, en Géorgie, le 28 novembre 2018. [Zurab Kurtsikidze/EPA/EFE]

Un prestigieux institut américain non partisan a livré une évaluation globalement positive des récentes réformes électorales en Géorgie, un pays voisin de l’UE qui nourrit l’espoir d’adhérer à l’Union et à l’OTAN.

Les réformes électorales adoptées en juillet en Géorgie après des mois de négociations contribueront à une législature plus diversifiée et politiquement équilibrée selon les partis et des acteurs de la société civile issus de l’ensemble de la sphère politique, a déclaré le National Democratic Institute (NDI) basé à Washington, dans un nouveau rapport. Il a également émis une série de recommandations pour éviter une baisse de la confiance du public.

Le parlement géorgien a adopté des réformes électorales en juillet après qu’un compromis entre le parti « Rêve géorgien » au pouvoir et l’opposition a été trouvé au printemps. Cet accord a été conclu après des mois de pourparlers pour lesquels des représentants de l’UE, de l’Allemagne, du Conseil de l’Europe et des États-Unis ont joué les médiateurs.

Les Européens saluent l'accord électoral qui apaise la Géorgie

Des parlementaires européens ont applaudi l’accord politique conclu en Géorgie entre le parti au pouvoir et ceux de l’opposition. Le pacte promet de résoudre le conflit sur la réforme électorale qui a provoqué une série de manifestation dans tout le pays.

La médiation internationale a été offerte après la survenue de manifestations en novembre de l’année dernière. Celle-ci ont éclaté après l’échec du projet de loi qui aurait assuré des élections entièrement proportionnelles en octobre 2020.

Dans le cadre de cette réforme, le nombre de députés élus à la proportionnelle dans le parlement de 150 sièges est passé de 77 à 120, le seuil électoral a été abaissé à 1 % et le parti gagnant doit obtenir au moins 40 % des voix pour former son propre gouvernement.

« Les bases pour des élections démocratiques sont en place », a déclaré le président du NDI, Derek Mitchell, dans un communiqué.

« Pourtant, sans quelques améliorations tangibles, la tendance à la baisse de la confiance du public va se poursuivre. Ce qu’il faut, c’est la volonté politique de faire passer l’intégrité du processus avant les intérêts partisans. »

Le NDI a recommandé qu’une campagne axée sur la politique soit menée et que le nouveau cadre législatif soit rigoureusement appliqué afin que la confiance dans le processus démocratique soit préservée.

La réforme de juillet a également introduit des quotas de genre : sur les listes des partis, un candidat sur quatre devra être une femme pour les deux prochaines élections législatives, et un sur trois par la suite. À la clé, des incitations financières supplémentaires pour les partis qui dépassent les exigences minimales.

Néanmoins, les femmes politiques qui ont parlé au NDI ont fait état de cyberharcèlement répété, incluant des insultes et des menaces misogynes, ce qui suggère que des progrès en matière d’égalité des sexes sont encore nécessaires.

Certains partis politiques de l’opposition et certains membres de la société civile ont exprimé la crainte que la résurgence du coronavirus n’ait un impact négatif sur la campagne électorale et n’entrave la participation des électeurs.

La réponse de la Géorgie à l’épidémie de coronavirus, saluée par la communauté internationale, a permis jusqu’à présent de limiter la propagation du virus au sein de la population, avec 1 370 cas confirmés et seulement 17 décès recensés en date du 20 août dans ce pays d’environ 4 millions d’habitants.

Les séparatistes pro-russes ne marquent pas de points en Géorgie face à la crise

Les séparatistes pro-russes installés en territoire géorgien profitent de la pandémie pour pousser à la « frontiérisation » illégale de la Géorgie. Sur place, les citoyens suivent de près la gestion de la crise .

Le succès de la lutte de ce pays du sud du Caucase contre la pandémie est démontré par le fait qu’il figure sur la liste verte de nombreux États de l’UE. Cela permet aux Géorgiens d’entrer dans le bloc sans restriction, y compris en Finlande, qui a imposé certaines des restrictions frontalières les plus strictes et qui n’autorise désormais l’entrée sur le territoire qu’aux ressortissants d’une poignée d’États.

La Commission électorale centrale (CEC) a déclaré qu’elle avait élaboré des plans d’atténuation concernant le COVID-19, afin de protéger les électeurs, les responsables du scrutin et les autres personnes dans les bureaux de vote lors des élections du 31 octobre.

« Avec un seuil électoral plus bas et un environnement très polarisé, la campagne devrait être animée », selon le rapport du NDI, qui exhorte les partis politiques à publier des programmes politiques axés sur des questions précises et à participer à des débats publics modérés afin de rendre plus perceptibles les distinctions entre leurs approches.

Le NDI a également appelé à un soutien accru en faveur des médias locaux et interpellé les ONG de surveillance des médias afin de garantir que les électeurs aient accès à une couverture de qualité.

L’UE considère la région du sud du Caucase comme un creuset de la désinformation et la Géorgie constitue une cible fréquente d’attaques tant internes qu’externes.

Les recommandations de l’institut comprennent également des appels à la protection des citoyens qui surveillent les élections contre l’ingérence ou l’intimidation, et qui ont parfois été la cible de campagnes négatives.

« Compte tenu des incertitudes entourant la pandémie, une surveillance citoyenne crédible et non partisane des élections législatives d’octobre 2020 sera à la fois plus difficile et plus importante que jamais », stipule le rapport.

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