Mike Pence tente d’apaiser les relations entre Trump et les Européens

Le vice-président américain, Mike Pence, et le président du Conseil européen, Donald Tusk. [European Council]

Mike Pence a atténué les propos de Donald Trump contre l’OTAN et l’Union européenne lors de sa première visite à Bruxelles en tant que vice-président des États-Unis.

« Quelles que soient nos différences, nos deux continents partagent le même héritage, les mêmes valeurs et surtout le même objectif de promouvoir la liberté, la démocratie et l’État de droit », a déclaré Mike Pence le 20 février à Bruxelles.

En poste depuis le 20 janvier, le vice-président a non seulement réaffirmé « l’engagement ferme » des États-Unis à coopérer avec l’Union européenne, mais a aussi rappelé que son pays ne souhaitait ni l’implosion de l’UE, ni le démantèlement de l’OTAN. Quelques jours avant son intervention à Bruxelles,  le 18 février, à l’occasion de la conférence de Munich sur la sécurité, il avait promis que les États-Unis resteraient un allié de l’Europe.

Lors de sa rencontre avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, Mike Pence a par ailleurs assuré que l’administration Trump soutiendrait les pays baltes et l’Ukraine contre toute agression russe. « Étant donné les moyens déployés par la Russie pour retracer les frontières internationales par la force, nous continuerons à porter assistance à la Pologne et aux États baltes par le biais de l’OTAN », a garanti le vice-président.

Inquiétudes

D’après Donald Tusk, ancien Premier ministre polonais, au vu des récentes déclarations de Donald Trump, qui ont suscité l’inquiétude et l’indignation des chefs d’États européens, les dirigeants « doivent plus que jamais » se réunir. Le président américain a en effet qualifié l’OTAN d’« obsolète » et laissé sous-entendre dans une interview le mois dernier que d’autres pays emboîteront le pas au Royaume-Uni sur la voie de la sortie de l’UE.

« Trop d’opinions inédites et parfois surprenantes ont été énoncées au sujet de nos relations et de notre sécurité commune pour que nous puissions prétendre que rien n’a changé », a indiqué Donald Tusk.

>> Lire : Trump sans concession envers l’UE et l’OTAN

En s’engageant à soutenir l’OTAN, Mike Pence a donc mis le doigt sur un point sensible de la politique européenne. En effet, au cours de sa campagne électorale l’an dernier, Donald Trump s’était insurgé contre les membres de l’OTAN qui ne contribuaient pas aux dépenses militaires à hauteur de 2 % du PIB, le taux minimum recommandé par l’organisation. Il menaçait alors de réduire le soutien des États-Unis aux alliés concernés. D’après les chiffres de l’OTAN, seuls les États-Unis, la Grèce, la Grande-Bretagne, l’Estonie et la Pologne parviennent à atteindre le seuil minimum des 2 %.

Éloge à Poutine

L’hostilité de Donald Trump à l’encontre des autres membres de l’alliance fait craindre que les pays d’Europe de l’Est ne se retrouvent livrés à eux-mêmes en cas d’invasion de la Russie. Les éloges occasionnels de Donald Trump à l’égard du président russe Vladimir Poutine n’ont fait qu’alimenter la crainte qu’il ne s’éloigne de l’OTAN.

Mike Pence a d’ailleurs annoncé que le gouvernement américain tentera d’améliorer ses relations avec la Russie. Les rapports entre les deux pays se sont tendus ces dernières années à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et des accusations de piratage orchestré par la Russie contre des représentants du Parti démocrate.

« Certes, les États-Unis continueront à tenir la Russie pour responsable, mais nous chercherons également, sous la présidence de Donald Trump, de nouveaux moyens d’établir un terrain d’entente avec celle-ci », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le secrétaire d’État américain à la défense, James Mattis, a réaffirmé la volonté de son gouvernement d’encourager les autres membres de l’OTAN à augmenter leurs dépenses militaires. « Si vous ne voulez pas voir les États-Unis rompre leur engagement auprès de l’alliance, chacun de vos gouvernements doit investir davantage dans notre défense commune », a-t-il averti lors d’une visite au quartier général de l’OTAN.

Si vingt-deux des vingt-huit États membres de l’UE sont également membres de l’OTAN, l’Autriche, Chypre, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède ne font pas partie de l’alliance.

Lutte contre le terrorisme

En ligne avec l’objectif de lutte contre le terrorisme prôné par l’administration américaine, Mike Pence a en outre qualifié les attentats de mars 2016 à Bruxelles de « déchirants ». Il a ainsi confirmé la volonté des États-Unis de soutenir l’Europe à travers la coopération des services de renseignement américains et européens. Au début du mois, le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, avait classé les attentats de Bruxelles, responsables de 35 décès, parmi les attaques terroristes n’ayant pas reçu « l’attention méritée ».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a rencontré Mike Pence dans l’après-midi du 20 janvier, a de nouveau abordé les questions de la désintégration de l’UE et du manque de contribution des pays à l’OTAN soulevées par Trump. « Les États-Unis ont besoin de coopérer avec une UE forte en tous points. Nous désirons nous impliquer davantage dans la défense », a-t-il déclaré.

Pourtant, il a récemment intensifié ses critiques envers Donald Trump au vu de l’insistance de celui-ci en faveur de l’augmentation des contributions des pays européens au budget de l’OTAN. « Je n’apprécie pas que notre allié américain réduise le concept de sécurité à la coopération militaire », a-t-il reconnu la semaine dernière lors de la conférence de Munich sur la sécurité. En effet, d’après Jean-Claude Juncker, les pays européens comptent aussi dans le budget dédié à la sécurité les volets de l’aide au développement et des fonds de défense.

Mike Pence s’est également entretenu au début du mois avec Federica Mogherini, la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères, et le Premier ministre belge, Charles Michel, le 19 février. Donald Trump se rendra à Bruxelles pour la première fois de son mandat en mai prochain, à l’occasion d’un sommet de l’OTAN.

La Première ministre britannique, Theresa May, a quant à elle fait le déplacement à Washington en janvier pour évoquer un potentiel accord de libre-échange post-Brexit entre les États-Unis et le Royaume-Uni. C’est jusqu’à présent le seul chef de gouvernement européen à avoir rencontré Donald Trump.

>> Lire : Charles Michel défend la politique européenne auprès de Mike Pence

 

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