Passeports dorés : les États-Unis mettent en garde la Bulgarie

Selon des documents obtenus par EURACTIV Bulgarie, les États-Unis d’Amérique insistent sur le fait que les passeports bulgares ne devraient être octroyés qu’à des citoyens de bonne foi, qui ne représentent pas une menace pour la sécurité intérieure du pays. [Shutterstock/ D.Semra]

Washington a averti Sofia que si la Bulgarie souhaitait bénéficier d’un régime de déplacement sans obligation de visa, elle devrait remettre de l’ordre dans son système d’octroi de passeports « dorés ».

Selon des documents obtenus par EURACTIV Bulgarie, les États-Unis d’Amérique insistent sur le fait que les passeports bulgares ne devraient être octroyés qu’à des citoyens de bonne foi, qui ne représentent pas une menace pour la sécurité intérieure du pays.

En 2018, EURACTIV faisait la lumière sur un scandale de corruption de grande ampleur l’obtention d’un véritable passeport bulgare pour toute personne le souhaitant, et ce par le versement d’un pot-de-vin à hauteur de 5 000 euros. Problème étant que ce passeport ouvre la porte à l’ensemble de l’UE et une grande partie du monde.

À l’époque, l’Agence d’État pour les Bulgares à l’étranger s’était retrouvée empêtrée dans cette affaire, en raison de ses pratiques d’octroi de faux certificats d’origines aux « clients payants ».

Le chef de l’agence avait ensuite été licencié et placé en garde à vue. Toutefois, force est de constater qu’aucune véritable réforme n’a vu le jour sous l’ancienne législature bulgare. Le VMRO, parti junior de la coalition de l’ancien Premier ministre Boyko Borissov, militait d’ailleurs pour le maintien du statu quo avantageux.

Le mystère s'épaissit autour des passeports dorés bulgares

La Bulgarie continue d’offrir des « passeports dorés » aux ressortissants fortunés non européens en échange d’« investissements ». Mais, il semblerait que dans la plupart des cas, de tels investissements ne se concrétisent pas.

Pour l’heure, Chypre, la Croatie, la Roumanie et la Bulgarie sont les seuls pays pour lesquels les ressortissants nécessitent un visa dans le but d’entrer sur le territoire américain.

Néanmoins, Washington a garanti qu’elle lèverait bientôt cette procédure pour Zagreb et Bucarest. Les citoyens chypriotes et bulgares désireux de se rendre aux États-Unis devront eux se munir d’un « visa de non-immigrant ».

Une note officielle du ministère bulgare des Affaires étrangères, citant des représentants américains, révèle que la Maison Blanche a demandé à la Bulgarie de garantir que seuls les citoyens ne représentant pas une menace pour les États-Unis puissent se voir octroyer la nationalité bulgare. Elle ajoute qu’il serait nécessaire d’amorcer la réforme de l’Agence d’État pour les Bulgares à l’étranger afin d’assurer cette réorientation politique.

Entretemps, la Commission européenne tente d’agir en tant que médiateur pour parvenir à la « réciprocité des visas » avec l’Oncle Sam.

L'UE refuse de montrer les dents à Washington sur la question des visas

La Commission européenne ne demandera pas de visa aux Américains venant en Europe, malgré les appels des eurodéputés. Lesquels s’irritent du fait que Washington n’ait toujours pas supprimé les visas pour les ressortissants de cinq États membres.

Dans ce contexte, l’exécutif devrait s’entretenir avec les autorités américaines et bulgares les 9 et 10 juin.

Selon des dossiers consultés par EURACTIV Bulgarie, le gouvernement intérimaire peine à fournir les ajustements requis. Reste à voir s’il sera en mesure de garantir la réforme envisagée avant la rencontre tripartite.

En janvier 2019, EURACTIV écrivait que le dispositif des « visas dorés » soulevait de grandes inquiétudes auprès des services chargés de l’application de loi des alliés à la Bulgarie.

Cependant, sous l’ancien gouvernement, tout était fait pour que les enquêtes sur le sujet n’atteignent pas les politiques de haut rang à l’origine du système, ont dévoilé des sources à Sofia.

Devenir bulgare, la nouvelle martingale des criminels

La Bulgarie fournit très facilement et par des moyens obscurs des passeports à de riches clients étrangers, dont le casier judiciaire est souvent bien chargé.

 

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