Victoire à la Pyrrhus pour la Hongrie alors que l’UE approuve les sanctions visant le pétrole russe et la Sberbank

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban durant le premier jour d'un sommet européen spécial sur l'Ukraine au Conseil européen, à Bruxelles, le 30 mai 2022. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les ambassadeurs de l’Union européenne ont donné, ce jeudi 2 juin, leur approbation finale au sixième train de sanctions visant le pétrole russe transporté par voie maritime et la banque Sberbank, après de nombreux différends avec la Hongrie concernant le retrait du patriarche orthodoxe russe Kirill de la liste des sanctions de l’UE.

Après plusieurs semaines de négociations laborieuses, les dirigeants de l’UE ont convenu d’un embargo partiel sur les importations de pétrole russe brut transporté par voie maritime, lequel  entrera pleinement en vigueur à la fin 2022.

Pour convaincre Budapest, d’autres États membres ont accepté de revoir la portée de cet embargo en excluant le pétrole acheminé par l’oléoduc Druzhba vers la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, qui sont des pays enclavés.

Le sixième ensemble des sanctions prévoit également l’exclusion de la plus grande banque russe, la Sberbank, du système de transactions internationales SWIFT ainsi que l’interdiction immédiate d’assurer les navires transportant du pétrole russe ailleurs, tandis que les contrats existants seront progressivement abandonnés au cours des six prochains mois.

Toutefois, la Hongrie a exigé en dernière minute que les ambassadeurs de l’UE réunis pour finaliser le texte juridique du train de sanctions retirent le chef de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, de la liste des individus sanctionnés.

Les dirigeants européens favorables à une interdiction partielle des importations de pétrole russe dans l’UE

Après plusieurs semaines de négociations, les dirigeants de l’UE sont parvenus à un compromis politique visant à interdire les importations de pétrole russe par voie maritime d’ici la fin de l’année, sans toutefois parvenir à un embargo total.

Le sixième train de sanctions de l’UE entrera en vigueur dès sa publication au journal officiel de l’UE, probablement vendredi matin.

Le patriarche Kirill, un proche allié du président russe Vladimir Poutine, figurait sur la proposition de liste des personnes à sanctionner dans le cadre du sixième paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie en raison de son soutien à l’invasion de l’Ukraine.

Les diplomates européens ont toutefois exprimé leur mécontentement à l’égard de la Hongrie, la question n’ayant été soulevée qu’après que le sommet européen de lundi et mardi (30 et 31 mai) eut scellé un accord sur les sanctions.

Selon des diplomates européens contactés par EURACTIV, la Hongrie n’a donné « aucune raison valable » pour justifier son insistance sur la question.

Un diplomate européen a qualifié la démarche de Budapest de « coup de théâtre inutile », tandis que l’ambassadeur de Lituanie auprès de l’UE, Arnoldas Pranckevičius, s’est exprimé sur Twitter en disant qu’il trouvait « très décevant et difficilement acceptable que l’accord conclu par les dirigeants européens ne soit pas pleinement respecté par certains ».

« Nous ne battrons pas en retraite. Je suggère de nommer le 7e paquet #KGB : Kirill, Gas & Banks », a-t-il écrit sur Twitter.

Cependant, étant donné que la Hongrie a pour habitude de retarder les sanctions pendant un mois, il pourrait être encore plus difficile de parvenir à une unanimité pour le prochain paquet de sanctions.

Alors que beaucoup se sont lassés des tentatives d’obstruction de Viktor Orbán, un autre diplomate européen a laissé entendre que certains États membres étaient heureux de se réfugier discrètement derrière la Hongrie.

En effet, en fin de compte, l’embargo partiel de l’UE sur les exportations de pétrole russe n’est pas à la hauteur de ce que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait initialement qualifié d’« interdiction totale ».

Aucune date n’a été annoncée pour la fin des dérogations temporaires, mais la question pourrait être abordée au cours du mois, lorsque les dirigeants européens se réuniront pour leur dernier sommet ordinaire avant les vacances d’été.

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