Violences sexuelles : l’omerta se brise en Grèce

Alexis Tsipras a accusé le gouvernement d'essayer de "couvrir" le scandale [Shutterstock/Lilith.E]

 Un nombre croissant d’artistes grecs signalent depuis quelques jours des cas de harcèlement sexuel dans le monde du sport, de la télévision et du théâtre, révélant ainsi le secret bien caché de la Grèce.

Une douzaine d’artistes ont déclaré publiquement avoir été harcelés sexuellement dans le passé par des acteurs célèbres.

Le top départ a été donné par la médaillée d’or olympique Sofia Bekatorou qui a témoigné lors d’un procès qu’elle avait été abusée sexuellement en 1998 par un haut responsable de la Fédération hellénique de voile.

Son témoignage a encouragé les femmes dans le domaine des arts à rompre le silence, des dizaines d’entre elles ayant signalé des cas de harcèlement sexuel.

« Quel que soit le niveau de certains des agresseurs, ils devraient être jugés et s’ils sont coupables, l’affaire devrait suivre son cours », a déclaré le principal dirigeant de l’opposition de gauche, Alexis Tsipras.

La vague de réactions a provoqué la démission de Dimitris Lignadis, le directeur du Théâtre national de Grèce.

Dimitris Lignadis a déclaré qu’il n’y avait pas de plaintes officielles contre lui mais seulement des « rumeurs ».

Alexis Tsipras a accusé le gouvernement d’essayer de « couvrir » le scandale et a demandé la démission de la ministre de la culture Lina Mendoni.

« Pendant vingt jours, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis ne s’est pas présenté pour dire qu’en tant que premier citoyen du pays ‘j’encourage tout le monde à venir parler' », a ajouté Alexis Tsipras, précisant que de nombreux artistes reçoivent des menaces de ne pas parler.

[édité par Mathieu Pollet]

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