Le groupe de Visegrad tient son premier sommet à l’étranger…à Jerusalem

[Balacz Mohai/EPA/EFE]

Les dirigeants de Hongrie, de Pologne, de République tchèque et de Slovaquie se réuniront à Jérusalem pour un sommet du groupe de Visegrád. Une claque pour l’UE, qui ne compte pas reconnaître la ville en tant que capitale d’Israël.

Le groupe de Visegrád s’apprête apparemment à se réunir à Jérusalem. Un choix pour le moins étonnant. Le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, sera présent, a confirmé sa porte-parole Vanesa Sandova à l’AFP le 7 février, sans rentrer dans les détails.

Janka Nyagova, porte-parole de la représentation permanente slovaque auprès de l’UE a également confirmé la tenue du sommet à Jérusalem.

Le quotidien libéral israélien, Haaretz, a qualifié la réunion des 18 et 19 février de « tentative de Netanyahou d’ébranler de consensus européen sur des questions liées aux Palestiniens ou à l’Iran ».

Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a invité les dirigeants de Visegrád à organiser leur prochain sommet en Israël lorsqu’il se trouvait à Budapest, durant la présidence hongroise du groupe, en juillet 2017. Depuis cette période, les dirigeants de tous les pays ont changé, sauf le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.

Le groupe de Visegrád, qui joue de plus en plus les trouble-fêtes au sein de l’UE, n’a jamais organisé de sommet en dehors d’Europe. Jusqu’à présent, leurs priorités de politique étrangère se limitaient à leur voisinage, avec une attention particulière pour l’immigration.

Lors de la réunion de juillet 2017 à Budapest, un micro laissé allumé avait enregistré Benjamin Netanyahou dire que l’attitude de l’UE envers Israël était « folle » et que « l’Europe [devait] décider si elle voulait vivre et prospérer, ou disparaître ».

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Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, s’est clairement opposé à la doxa européenne sur la question de la Palestine et du statut de Jerusalem que les Etats-Unis souhaitent voir devenir capitale d’Israël.

L’Israélien de droite est à l’aise face à Viktor Orbán, malgré l’antisémitisme rampant en Hongrie. Les deux abhorrent l’homme d’affaires hongrois et philanthrope George Soros qu’ils considèrent comme un promoteur de l’ordre mondial libéral à tendance de gauche.

Les relations du groupe de Visegrád avec Israël sont généralement bonnes, et reflètent les liens favorables avec l’administration pro-Israël de Donald Trump.

L’UE rejette officiellement l’idée de Benjamin Netanyahou selon laquelle l’Europe va emboîter le pas aux États-Unis pour reconnaître Jérusalem comme capital de l’État juif, et affirme qu’elle ne changera pas sa position vis-à-vis de la ville sainte. Washington a déménagé leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem le 14 mai.

Le président tchèque, Milos Zeman, a fait pression pour que l’ambassade du pays soit également transférée de Tel-Aviv à Jérusalem, mais la décision n’a pas reçu l’accord du gouvernement.

Benjamin Netanyahou a également cherché à nouer des alliances dans d’autres pays de l’UE comme la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie, afin de diviser davantage l’UE.

Le Premier ministre israélien, qui brigue un nouveau mandat en avril, fait l’objet de vives critiques de la part de l’opposition nationale sur l’organisation du sommet de Visegrád.

On lui reproche notamment d’avoir invité le Premier ministre polonais alors que le pays a adopté une loi sur l’Holocauste qui rend illégal d’accuser la nation polonaise ou l’État de complicité avec les crimes nazis allemands.

Suite aux protestations d’Israël et des États-Unis, la Pologne a amendé la loi pour supprimer la possibilité d’amendes ou de peines de prison.

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