Vladimir Poutine fustige José Manuel Barroso

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Le sommet UE-Russie s’est terminé aujourd’hui (21 décembre) sans aucune décision importante, mais le président russe, Vladimir Poutine, s’est donné en spectacle devant la presse et a expliqué que le président de la Commission, José Manuel Barroso, avait une interprétation erronée des règles en matière de libéralisation de l’énergie.

 

La visite de Vladimir Poutine à Bruxelles, même si infructueuse, restera dans les mémoires en raison d'une joute verbale entre le président russe et José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse. M. Barroso pensait avoir le dernier mot quand M. Poutine l'a pris au dépourvu.

Le président russe a réagi à un long discours de M. Barroso au cours duquel le président de la Commission européenne a expliqué que le troisième paquet énergie n'était pas discriminatoire à l’égard de la Russie.

La Russie espérait que l'accord permettrait à ses gazoducs d'échapper aux règles de libéralisation de l'UE qui garantissent aux entreprises énergétiques un accès aux infrastructures détenues par des tiers.

« Notre système n’est pas discriminatoire. Il s'applique non seulement aux entreprises russes, mais également européennes, américaines, norvégiennes, à toutes les entreprises du monde. Nous estimons qu'il est parfaitement compatible avec nos accords globaux », a déclaré M. Barroso.

Le président de la Commission a également fait allusion aux accords avec Gazprom, le monopole russe du gaz, qui fixe le prix du gaz russe en fonction des cours mondiaux du pétrole, en forte augmentation récemment.

« Nous devons comprendre de quoi il s'agit. L'indexation et la fixation du prix du gaz par rapport au pétrole ne sont pas des problèmes en soi. […] Les conséquences directes sur le marché constituent un problème. Elles créent une position dominante pour une entreprise sur notre marché ou une partie de notre marché. Nous ne rencontrons pas ce problème avec la Norvège et d'autres entreprises en Russie », a-t-il ajouté.

Joyeux Noël ?

Lorsque le porte-parole du président du Conseil, Herman Van Rompuy, a souhaité un joyeux Noël aux journalistes à l'issue de la conférence de presse, Vladimir Poutine s'est emparé du micro.

« Mon ami de longue date, M. Barroso, a parlé longtemps et avec tant d’émotion parce qu'il sait qu'il a tort, qu'il est coupable », a déclaré M. Poutine, au milieu des rires de la délégation russe assez importante. S'adressant aux journalistes, il a ajouté : « Ouvrez le traité de base avec l'UE à l'article 34 et lisez par vous-même. »

L'article 34 du partenariat et de coopération (APC) entre l'Union européenne et la Fédération de Russie, en vigueur depuis 1997, stipule : « Les parties s'efforcent dans toute la mesure du possible d'éviter d'adopter des mesures ou des actions rendant les conditions d'établissement et d'exploitation de leurs sociétés plus restrictives qu'elles ne l'étaient le jour précédant la date de la signature du présent accord. »

Il a ajouté : « Une dernière observation : la fixation du prix du gaz en fonction du pétrole n'a pas été inventée par la Russie, mais par les Pays-Bas au début du siècle dernier. »

« Et elle s'est appliquée au fil des ans sans problème. Le prix du pétrole s'établit tout seul sur les marchés mondiaux selon le marché et non pas par des moyens administratifs », a-t-il poursuivi.

D'autres déclarations lors de la conférence de presse ont laissé entendre que M. Poutine et ses homologues européens étaient en désaccord sur plusieurs sujets, notamment les droits de l'Homme, le commerce, les visas et la réaction par rapport à la situation en Syrie.

Vladmir Poutine s'en est pris à l'UE quant à la manière dont elle a traité les droits de l'Homme des citoyens russes résidant dans « certains pays membres de l'UE ». Il a également accusé l'Union de « glorification nazie ». La Russie a pointé du doigt à plusieurs reprises certains États membres à cet égard : l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, trois anciennes républiques soviétiques. 

Vladimir Poutine a triomphé lors des élections présidentielles russes le 4 mars 2012, mais ses opposants ont toutefois refusé de reconnaître ces résultats et ont affirmé qu'ils continueraient de manifester. Il s'agit du mouvement de protestation le plus important depuis l'arrivée de M. Poutine au pouvoir il y a 12 ans.

M. Poutine a déjà été président de 2000 à 2008 et est toujours resté l'homme fort du pays. En 2008, il a quitté le pouvoir pour faire place à son allié, Dmitri Medvedev, dans la mesure où il ne pouvait exercer un troisième mandat conformément à la constitution russe.

M. Poutine a alors occupé le poste de premier ministre. Les deux hommes ont échangé leur poste cette année.

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